C’est mon histoire : mère célibataire, je suis critiquée par mon entourage

Deux contre le monde

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Écrit par ELLE.CI
Publié le 04 novembre 2019 à 18h48

Deux contre le monde

Lui annoncer ma grossesse, je crois, fut la pire nouvelle de sa vie. Je me souviens encore de ses paroles : « être papa ne figure pas dans mes plans, je suis désolé. Tu as le choix entre avorter ou assumer cette corvée toute seule. Mais si tu gardes cette grossesse, saches que tu me perdras ». Vu l’intitulé de cette chronique, vous avez une claire idée du choix que j’ai fait.

Quand on a 20 ans, on se dit que l’on a tout le temps devant soit, et c’est pile le moment de croquer la vie à pleine dent. Je faisais partie de ce lot de personnes. Marc et moi étions des universitaires passionnés. Lui s’intéressait à l’économie, et moi, à l’informatique. On n’envisageait pas le mariage à ce temps-là, encore moins des bébés. Nous jonglions entre les soirées d’étudiants, les sorties extras scolaires et les cours : la routine basique de tout étudiant de 20 ans. Nous sommes en 2016 et c’est bientôt la fin de l’année universitaire. Les étudiants de l’université d’Abidjan ont donc décidé de faire une grande fête réunissant les fraternités et sororités. C’était l’occasion de se lâcher et de s’amuser à fond. Ayant l’habitude d’utiliser la pilule du lendemain, nous avons donc fait l’amour sans protection, et totalement ivres. Étant victime d’une terrible gueule de bois le lendemain, j’ai complètement oublié de prendre ces fameuses pilules. Un oubli qui a occasionnés de lourdes conséquences.

 Je me suis retrouvée à porter une grossesse toute seule et avec un maigre appui de ma famille. J’ai dû faire une année sabbatique en raison de mes grandes crises d’anxiété et de mes allers et retours à l’hôpital. Pour tout dire, je n’ai pas eu une grossesse facile. Malgré toutes les tentatives de ma famille pour que Marc reconnaisse cet enfant, ils n’ont malheureusement pas obtenu gain de cause. En Avril 2017, Ed est venu au monde. Jusque-là, je n’arrive pas à décrire les sentiments qui m’animaient quand je l’ai pris dans mes bras. Mais une chose est sûre je me suis dit qu’il fallait que je me batte pour assurer pleinement son éducation, que je sois seule ou avec quelqu’un.

Après mon accouchement, j’ai finalement continué mes études et j’ai pu obtenir mon diplôme universitaire. Ed restait chez ses grands-parents pendant que j’allais en cours. Côté relationnel, c’était un flop total. Ils sont amoureux de moi, jusqu’à ce qu’ils apprennent que j’ai un fils, et de surcroît tout petit. Je n’ai jamais voulu reprendre contact avec Marc, ça j’estime que ce n’est pas à moi de le forcer à prendre ses responsabilités. Mais mes parents ne font que se plaindre, et me disent tout le temps que c’est moi qui fais preuve de fierté en insistant pas pour qu’il revienne.

Aujourd’hui Ed a 2 ans et moi par chance j’ai un job dans une société de distribution d’appareils électroniques en tant qu’ingénieur informatique. Je vis seule avec mon bébé dans un appartement, et j’ai suffisamment de quoi m’occuper de lui. Etre maman est une aventure extraordinaire que je souhaite à toutes les femmes de ce monde.

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