C'est mon histoire : ma famille paternelle a détruit ma mère

  Tragédie familiale !

 C'est mon histoire : ma famille paternelle a détruit ma mère

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Écrit par ELLE.CI
Publié le 16 octobre 2017 à 11h29

  Tragédie familiale !

Je suis Jules responsable de communication dans un établissement bancaire de la place. Cette histoire que je vous raconte aujourd'hui est la mienne, celle de mon enfance et la disparition tragique de mes parents. Elle est aussi arrivée à bien trop de personnes.

Tout a commencé quand j’avais 14 ans. Un jour, lorsque je revenais de l’école, maman m’a appris que papa venait d'être admis en soin d’urgence à l'hôpital général de la ville. Elle me parlait avec les larmes aux yeux, elle arrivait difficilement à placer deux mots. Comme j'étais le plus grand des quatre enfants, elle m’a demandé de prendre soin des autres en son absence. Des minutes plus tard, elle quittait la maison avec quelques affaires en main. J’ai encore cette image dans ma tête. Elle portait sa robe bleue aux imprimés en pagne hollandais qu’elle aimait tant. Á la tombée de la nuit, je ne voyais toujours pas maman revenir, pas de nouvelles non plus de la santé de papa. Mais je savais que c'était un homme tenace. Je savais que rien ne pouvait atteindre papa.

La maladie de papa

Tante Anne, la copine de maman vint s’occuper de mes frères et moi ce soir là. Après avoir nourri et couché la dernière (5 ans), elle retournait chez elle. Moi je ne pus trouver le sommeil. Je guettais l’arrivée de maman et papa. Aux environs de 6h30, je fus réveillé par le bruit de la porte. C'était maman qui venait d’arriver.  Elle avait encore ce visage rempli de tristesse. Quand je lui demandais les nouvelles de papa, elle me disait qu’il allait se remettre très bientôt. Ces paroles ne me rassuraient pas réellement mais je préférais la croire.

Au cours de la journée, tante Anne revint la voir. Elles s'éloignaient ensuite toutes deux pour parler. Du fond du salon où j'étais, je fixais maman. Elle fondait en larmes à chaque fois qu’elle ouvrait la bouche pour parler à son amie. En ce moment, je compris que papa était réellement mal. Des jours passèrent, puis des mois, mon père allait très mal. Il était toujours dans cet hôpital. Maman était amaigrie. Elle passait toute la journée à ses côtés. C’était moi qui devait faire à manger pour mes frères et m’en occuper pendant ses longues absences.

« Toute la nuit, on entendit des bruits étranges en provenance de  la chambre de mon oncle. Maman nous demandait de faire des prières. Les jours qui suivaient furent pareils. Les parents de papa critiquaient ouvertement maman en sa présence. »

Le début du cauchemar

Les parents de papa, qui avaient été informés de son état de santé, vinrent nous rejoindre à la maison. Cela me faisait plaisir de les voir parce que j’imaginais que maman pourrait enfin se reposer et que papa allait également revenir.  Mais rien, son état empirait. Maman refusait toujours de me dire ce qu’il se tramait. Je décidais donc d’aller demander à tonton Euloge (frère aîné de mon père) ce dont papa souffrait. Il me fixa des yeux et me dit de manière froide que mon père n'allait plus rentrer parce qu’il était sur le point de rendre l'âme. Selon lui, papa était atteint d’un mal incurable et que la médecine ne pouvait rien pour le sauver. Je ne comprenais rien à tout ce qu'il me dit, je ne voulais pas croire à tout ça. Lorsque maman revint dans la nuit, je lui confiais ce que j’avais appris. Furieuse, elle se dirigea dans la chambre de mon oncle pour demander des explications. Ils se mirent à se disputer. Toute la maison fut éveillée. Ma grand-mère essayait de les calmer. Mais elle ne put rien. Maman était méconnaissable. Ce sont les pleurs de mon petit frère qui réussirent à calmer maman.

Toute la nuit on entendit des bruits étranges en provenance de  la chambre de mon oncle. Maman nous demandait de faire des prières. Les jours qui suivaient furent pareils. Les parents de papa critiquaient ouvertement maman en sa présence. Quant à elle, elle lançait quelquefois des jurons pour riposter.

« Papa venait de tirer sa révérence après plusieurs mois de souffrance. »

Le décès de papa, la descente aux enfers

Un jour, alors que je rentrais des jeux, je trouvais tout le monde en pleurs dans la cour. Mes petits frères étaient tous chez la voisine et maman absente. Il ne fallait pas être un savant pour savoir ce qui venait d’arriver. J’entendais le nom de mon père qui revenait dans les pleurs. Papa venait de tirer sa révérence après plusieurs mois de souffrance. Je pensais immédiatement à mère et à son état en ce moment précis. Je me mis à pleurer pour mon père mais également pour ma mère. Elle ne rentra pas à la maison. On entendit dire qu’elle était chez sa sœur. C’est trois jours plus tard que je la revis. Ma mère était changée. On aurait cru qu’elle n’avait plus d'âme. Elle avait tout perdu toute sa beauté. Il ne lui restait que la peau sur les yeux. Elle était revenue à la maison pour les préparatifs des obsèques. Elle ne parlait plus, elle se contentait de hocher la tête pour répondre aux questions qu’on lui posait.

« La santé de maman commençait à se dégrader. Ses parents lui proposèrent de nous héberger, mais elle refusait. Elle ne voulait pas quitter la maison qu’elle avait bâti avec son défunt époux. Il était hors de question pour elle de céder. »

La vie en enfer

Á la fin des obsèques de mon père, deux sœurs de papa vinrent s’ajouter à ceux qui étaient déjà là. Maman avait fait appel à sa petite soeur pour s’occuper de nous parce qu’elle n'était toujours pas remise. Elle passait ses journées retirée dans la chambre pour pleurer. Elle semblait très malheureuse à cause du décès de son époux. En plus de ça, un autre problème allait surgir.  Les parents de mon père demandaient à maman de quitter la maison dans les plus brefs délais. Mes tantes qui venaient d’arriver battaient maman à chaque fois qu’elle osait dire que la maison lui appartenait. Mes parents vivaient ensemble depuis une vingtaine d’années, mais ils n’avaient pas officialiser leur union devant la loi. Selon les parents de papa, on avait pas le droit de garder la maison. Maman fit appel à des membres de sa famille pour trouver une solution. Ils firent bloc, ils refusaient d’entendre quoi que ce soit. Ils ne voulaient que notre départ. On vivait l’enfer à la maison. Ils nous traitaient de bâtards. On ne pouvait plus rien faire dans la maison sans recevoir des tapes ou des insultes.   

La santé de maman commençait à se dégrader. Ses parents lui proposèrent de nous héberger, mais elle refusait. Elle ne voulait pas quitter la maison qu’elle avait bâti avec son défunt époux. Il était hors de question pour elle de céder. Elle recevait des soins à la maison. Un gros furoncle était apparu dans son aisselle gauche. Ce mal la clouait au lit. Elle se déplaçait grâce à l’aide sa petite sœur. Elle avait l’aspect d’un mort vivant.

En quelques semaines, ma mère avait perdu l’usage de tous ses membres. Elle ne nous reconnaissait même plus. On a dû l’évacuer d’urgence à l'hôpital où papa était interné. La journée suivante, ma tante vint nous annoncer son décès. Maman nous avait quitté, elle avait rejoint papa là-haut. On était plus que quatre enfants sans père ni mère, des orphelins.

Á l’annonce du décès de maman, les parents de papa ne montraient aucun signe de compassion, ils semblaient s’en réjouir d’ailleurs. Il n'y avait plus d’obstacles pour récupérer la maison.

« Je ne voyais mes frères que trois fois pendant une année. Je promis à mes frères que je comptais nous rassembler de nouveau. »

La vie d’orphelins

On a été envoyés chez les parents de maman. Les deux cadets étaient chez la petite soeur de maman, celui qui me précédait était chez le frère de maman et moi chez l’amie de ma mère.

On a souffert pendant de nombreuses années, je ne voyais mes frères que trois fois pendant une année. Je promis à mes frères que je comptais nous rassembler de nouveau. Et pour cela, je devais travailler doublement. Je devins excellent en classe, un enfant exemplaire à la maison. Après l’obtention du baccalauréat, je pus décrocher une bourse d'études aux États-Unis. Je communiquais avec mes frères rarement. Je pensais à eux sans arrêt. J'avais décidé de me battre pour eux.

« Aujourd'hui, nous sommes réunis et nous vivons heureux. Grâce à mes relations, je pus entamer des poursuites judiciaires contre les parents de mon père.»

Le retour triomphal

Á la fin de 5 ans de formation, je regagnais mon pays.  Je ne voulais qu’une chose, retrouver mes frères. Je trouvais rapidement un emploi dans une entreprise de la place avec un salaire conséquent. Des mois plus tard, je pris un appartement pour moi et je demandais par la suite aux parents de maman la permission de pouvoir récupérer mes frères. Ils acceptèrent avec joie.

Aujourd'hui, nous sommes réunis et nous vivons heureux. Grâce à mes relations, je pus entamer des poursuites judiciaires  contre les parents de mon père. On est sur le point de récupérer la maison qui nous été arrachée. Je suis déterminé, la justice sera rendue.

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