C’est mon histoire : j’ai un amoureux imaginaire

Comment s'en sortir ?

C’est mon histoire : j’ai un amoureux imaginaire
Écrit par ELLE.CI
Publié le 17 novembre 2017 à 18h59

Comment s'en sortir ?

Fatiguée de sentir une pression pour se caser, Maryse a opté pour une solution des plus surprenantes : elle s’est inventée un amoureux. Combien de temps pourra-t-elle faire tenir ce « mensonge pour la bonne cause » ?

Ma mère a 4 filles. Je suis la petite dernière. 4 filles qu’elle s’est évertuée à faire grandir dans la pure tradition africaine. Vous savez la tradition qui veut qu’une femme ne devienne pleinement quelqu’un dans la société qu’une fois qu’elle a coché les cases « mariage » et « enfant », l’ordre important peu. Il faut dire que maman ne travaille pas. Elle a de ce fait beaucoup de temps à consacrer à ce qu’elle croit être son devoir : marier ses filles. C’est son obsession. Mes 3 sœurs ont suivi le schéma et sont toutes bien mariées avec ou sans enfants. Tant qu’elle avait quelqu’une d’autre sous le coude à caser, elle ne s’est jamais vraiment préoccupée de moi. J’étais le bébé. Et puis, un jour, j’ai fini mes études et j’ai commencé à travailler.

 

« Ma mère ne travaille pas. Elle a de ce fait beaucoup de temps à consacrer à ce qu’elle croit être son devoir : marier ses filles. »

 

Zéro prétendant

Elle a commencé son manège par ces questions détournées dont seule une maman a le secret et qui disent tout sans tout dire. « Ah les jeunes hommes de maintenant ne sont-ils pas intéressants ? » «  Regarde comme tes sœurs sont heureuses. » « L’homme qui t’épousera aura de la chance ma fille ! » « Apprends à lui dire qu’il doit te laisser rentrer tôt hein ». A coup d’insinuations plus ou moins salées, elle me posait la question. Et moi, je n’avais pas de réponse à lui apporter puisque je n’avais personne. Une fois, elle avait suggéré de rencontrer le fils d’une veille connaissance. Au secours.

Le nom de trop

Je dois avouer que je m’étais peu préoccupée de ce sujet et maintenant que je levais les yeux à la recherche du grand amour, je me prenais une réalité difficile en pleine face. Le marché était tendu et aucune femme encore célibataire de plus de 25 ans ne viendra me contredire. L’offre sérieuse manquait. Les meilleurs étaient déjà en couple et ceux qu’il restait … Jamais je n’aurais osé les présenter à ma famille. Un soir où ma mère me questionnait encore, j’ai répondu « Je ferais le message à Andy » accompagné d’un clin d’œil et j’avais filé dans les escaliers. Ma première intention n’était pas de la tromper. D’ailleurs, je n’aurais jamais cru que « Andy » durerait autant.

« Sa dernière relation s’était mal terminée à cause de la distance et il voulait prendre son temps. Il était prévenant. »

Un mensonge en entraîne un autre

Le lendemain, avant que je ne parte au travail, elle m’a demandé de saluer « Andy ». J’aurais pu lui dire la vérité à ce moment-là. Je ne l’ai pas fait. Je me suis contentée d’acquiescer. Puis, elle a commencé à être de plus en curieuse à son sujet. Elle semblait rassurée, apaisée, soulagée : la benjamine était casée. Alors de mon côté, j’ai donné du détail : Andy est un ingénieur en pétrochimie, souvent en off-shore ou à l’extérieur du pays mais on trouvait le temps d’un restau quand il venait sur Abidjan entre ses parents et son boulot pour moi. Sa dernière relation s’était mal terminée à cause de la distance et il voulait prendre son temps. Il était prévenant. Il était benjamin comme moi. Il avait 29 ans. Il aimait le coca.

« Ça arrivera quand ça arrivera. »

Un jour peut être

Bien sûr, avec mes sœurs cela n’est pas passé aussi facilement. Mon histoire n’est même jamais passée à vrai dire. Après deux contradictions dans ma version de notre rencontre et une confrontation avec elles toutes, j’ai cédé et tout avoué en les suppliant de ne rien dire à maman. Elles me comprennent alors je suis sûre qu’elles ne trahiront pas mon secret. Elles tournent d’ailleurs la situation en dérision à coup de « ça arrivera quand ça arrivera » et de taquineries devant ma mère.  Dans ma tête, j’aimerais bien que ça arrive maintenant. Il m’arrive d’ailleurs de programmer un cinéma ou un restaurant avec l’une d’elles pour le jour où je suis censée être avec lui.

« Je continue en me disant que je pourrais toujours simuler une rupture le jour où je serais véritablement au pied du mur. »

Mon mensonge réconfortant

Je ne suis pas très fière de mentir ainsi à ma mère mais je ne peux faire machine arrière. Je continue en me disant que je pourrais toujours simuler une rupture le jour où je serais véritablement au pied du mur. Ma mère sera à tous les coups déçue mais moins que si elle apprenait que j’ai monté de toutes pièces cette histoire. Mais tout peut arriver,  je peux rencontrer un Andy qui correspondrait au profil que j’ai créé. Pour l’instant, je suis bien contente d’avoir la paix et un peu plus de liberté. Même s’il m’arrive parfois d’oublier qu’il n’existe pas et de répondre machinalement Andy à la question de savoir qui est mon copain.

 

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