C’est mon histoire : j’ai reconquis mon mari

Secondes noces.

C’est mon histoire : j’ai reconquis mon mari
Écrit par ELLE.CI
Publié le 07 février 2018 à 14h57

Secondes noces.

A 47 ans, mariée depuis si longtemps qu’elle ne s’en souvient plus, Annick goûte depuis peu à la joie d’une « seconde noce » … avec son mari. Elle sait sa chance et la savoure.

« Nous n’avions pas peur des moments à deux, nous ne nous ennuyions jamais ensemble. »

Je me suis mariée avec Antoine au bout de trois ans passés à nous apprendre. Antoine était très différent de moi. D’un naturel extraverti et bavard, il m’a fait connaitre la joie de la fête, des grosses soirées, des sorties au restaurant, de la vie. Moi qui étais réservée, je suis sortie de ma coquille à son contact. Il m’a épanouie. Nos amis attendaient impatiemment les soirées chez nous parce qu’elles étaient synonymes d’ambiance assurée. Mais nous n’avions pas peur des moments à deux, nous ne nous ennuyions jamais ensemble. Nous avions toujours plein d’idées parfois très extravagantes.

« Naviguer entre les casquettes d’amoureux et de parents n’est pas évident. »

La routine s’installe

Puis sont venus les enfants. Après deux ans de vie commune, nous avons accueilli Prince. Ont suivi Lélina et Iris.  Tous ceux qui ont des enfants savent que la vie change après leur arrivée. J’y étais préparée mais la peine a été là. Naviguer entre les casquettes d’amoureux et de parents n’est pas évident. J’ai essayé. Antoine a essayé. Mais les responsabilités allaient grandissant et sans nous en rendre compte nous étions devenus des parents à temps plein. Je sentais  une certaine distance s’installer, mais je me remettais à demain le bisou en partant au travail, le film après le dodo des enfants, la petite robe, la surprise à la sortie du bureau, …

Prendre le taureau par les cornes

UN matin, j’ai réalisé que nous ne parlions que des enfants, de la maison, de la voiture. J’ai commencé à chercher par tous les moyens comment nous sortir de cette torpeur. J’ai lu toutes sortes de livres, écouté toutes sortes de messages, j’ai même été consulté un spécialiste. Mais ces conseils me semblaient en inadéquation avec ma réalité. Je manquais cruellement de temps. Je me suis alors ouverte à ma sœur qui m’a proposé de prendre les enfants chez elle les soirées ou les weekends ou j’en aurais besoin. Je lui rendrais la pareille en temps et en heure.

« Il n’était pas l’homme dont j’étais tombé amoureuse, il était meilleur. »

Avec du temps devant moi, j’ai programmé plusieurs sorties avec pour objectif de retrouver une complicité avec mon mari. J’ai pris des congés au travail et j’ai demandé à Antoine d’en faire autant. Il était sceptique : pour quoi faire ? Et les enfants ? Et ci ? Et ça ? J’aurais pu céder devant ses premières réactions mais j’ai persévéré. Il a finalement joué le jeu. Ces moments rien qu’à deux, loin de nos obligations diverses nous ont obligé à nous re-rencontrer. J’ai redécouvert mon époux. Il avait changé. Il n’était plus l’homme dont j’étais tombé amoureuse, il était meilleur.

Le vin nouveau

Nous sommes sortis de ces retraites soudés et assurés de notre avenir. L’isolation intensive était un traitement de choc pour nous réveiller, mais on a continué les moments à deux. J’ai compris que le risque avec les gens familiers, les gens proches est de les oublier ou de pire de les cataloguer. Tous les efforts que j’avais concentrés sur mon métier et des choses accessoires, je le redirigeais vers ma priorité. En nourrissant ce lien, je tirais toute l’énergie qu’il me fallait pour accomplir le reste. Gérer ma maison ne me semble plus si épuisant, m’occuper des trois canaillons non plus, affronter mon patron est de l’abordable.

« Je n’ai pas la force chaque soir pour la nuisette mais les jours où il entend du Barry White, il est prévenu que ça va chauffer. »

A notre âge, je savais que notre complicité, notre fusion ne serait plus la même qu’au début. Elle est différente. Elle est plus profonde. Mais c’est un effort de chaque instant. J’ai réintégré à notre quotidien mille et une façons de le chérir. Je n’ai pas la force chaque soir pour la nuisette mais les jours où il entend du Barry White, il est prévenu que ça va chauffer. Je me surprends à sourire en pensant à lui. Je sais que de son côté c’est pareil. Il m’appelle pour me partager son quotidien. Nous avons trouvé une série que nous visionnons rien qu’à deux. C’est tout bête mais ça n’arrivait plus. Ce nouveau souffle représente pour moi un nouveau oui prononcé non pas devant les hommes mais devant Dieu.

 

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