C’est mon histoire : j’ai pris le chéri d’une autre

A la guerre comme à la guerre !

C’est mon histoire : j’ai pris le chéri d’une autre
Gretha
Écrit par Gretha
Publié le 23 novembre 2017 à 10h07

A la guerre comme à la guerre !

De tous les scénarios qu’elle avait imaginé, sur sa rencontre avec celui partagerait sa vie, jamais Carine n’aurait pensé qu’elle tomberait amoureuse de l’homme d’une autre.

Une rencontre fortuite

Après être partie en France pour 6 longues années d’études, je suis rentrée à Abidjan pour un mois de break bien mérité. J’étais décidée à faire la fête et à dire oui à toutes les invitations que j’aurai.  J’avais pris la peine de renouer avec mes anciens camarades par Facebook : avec mes amis, avec des amis de mes amis, parfois avec des inconnus, tant qu’il y avait de l’ambiance. Ma mère me taquinait à ce sujet en me demandant pour qui est ce que j’étais revenue sur Abidjan. Les midis, je m’incrustais dans les déjeuners de mes amis, le plus souvent au Plateau. Paul était l’ami d’un ami. Ils étaient d’ailleurs amis de très longue date et ça m’avait paru bizarre de ne l’avoir jamais rencontré avant, ni même de n’avoir entendu parler de lui.

« J’ai pris ton numéro avec Jay, j’espère que tu n’en offusques pas. J’ai vraiment apprécié notre échange. »

Seuls au monde

Paul était (et est) toujours brillant, drôle, spirituel, raffiné. Paul est Paul. Paul savait mettre à l’aise. J’étais sous son charme. Il n’avait pas l’air indifférent non plus même si j’aurais souhaité avoir mis une tenue qui me mettait plus en valeur et que je détestais ma coiffure. Nous avons discuté de tout et de rien comme si nous connaissions depuis toujours. A peine nous nous séparions, que j’imaginais déjà un stratagème pour le revoir. Il ne restait que deux semaines avant la fin de mon séjour, il fallait faire vite. Comme par coïncidence, dans la soirée il m’écrivait : « J’ai pris ton numéro avec Jay, j’espère que tu n’en offusques pas. J’ai vraiment apprécié notre échange. Avant que tu ne rentres, un jour où tu as le temps, sois mon invitée.»

« Toi, tu n’as pas l’air de savoir que Paul a une chérie. »

Il y avait une autre

En deux semaines, nous nous sommes vus une dizaine de fois. Ces rendez-vous n’ont fait que confirmer ma première impression. Il était fait pour moi. Je ne suis pas un cœur d’artichaut et les hommes que j’ai fréquentés se comptent sur les doigts d’une seule main. Je me qualifie d’exigeante, mes amies disent que je ne suis qu’une enquiquineuse. Alors, devant cette chance, j’ai foncé.  D’autant plus qu’il n’y avait pas d’obstacle. Enfin, je croyais. Au détour d’une discussion avec Jay, il m’a lancé « je ne te savais pas aussi audacieuse ». Avec mon air, de n’y rien comprendre qu’il a pris  pour de la malice. Il a insisté : « fais pas l’innocente ». Quand il a compris que j’y comprenais rien, il m’a dit direct : « toi, tu n’as pas l’air de savoir que Paul a une chérie. Ça doit bien faire une année qu’ils sont ensemble ».

« J’ai hésité entre l’affronter ou le laisser planter sans mot dire. »

Deux semaines que je flirtais avec l’homme d’une autre. Je pensais à mes principes, à ma vie, à la vie qui n’avait rien trouvé de mieux à me faire que de me jouer ce coup. Passé le choc de l’annonce, une question tournait dans mon esprit : Pourquoi ne m’avait-il rien dit ? J’ai hésité entre l’affronter ou le laisser planter sans mot dire. Puis j’ai décidé de le rencontrer une dernière fois pour lui dire tout ce que je pensais des personnes dans son genre qui s’amusaient avec les autres. Nous avions déjà prévu d’aller au cinéma ce soir-là. J’ai attendu ce qui semblait être le bon moment pour le démasquer mais il ne semblait pas venir, alors au moment de payer le pop-corn j’ai lâché subitement « tu comptais me parler un jour d’Elsa ? ».

« Je ne lui pas demandé où il en était. Je ne voulais pas savoir. »

Il m’avait paru plus soulagé qu’étonné. Elsa, c’était compliqué. Elsa était bien encore sa chérie et il était désolé. Il a continué à parler encore mais je n’entendais plus rien. Puis il a essayé de tendre la main vers moi. Sa tentative m’a tiré de ma torpeur et je lui ai dit «  non Paul » et je suis partie emportant les tickets et le pop-corn. Je suis rentrée le lendemain à Paris, déçue et blessée. Je l’ai bloqué sur tous les réseaux sociaux. J’avais tiré un trait sur lui. Un mois plus tard, un profil intitulé « Pardon Carine C’est Paul» me demandait en ami sur Facebook. Il me manquait. J’ai accepté. Je ne lui pas demandé où il en était. Je ne voulais pas savoir. De toutes les façons, j’étais sur un autre continent.

« Ça a été une période difficile et j’étais totalement perdue entre mes sentiments pour lui et ce qu’elle traversait. »

Tiraillée entre mes émotions.

Nous avons repris nos échanges là où nous les avons laissés. Il me faisait rire et il disait que je l’apaisais. Je vais en choquer plus d’une en disant que Paul était la réponse à mes prières. Nous étions connectés. Si nous nous parlions une fois chaque trois jours au début, après quelques mois je m’endormais au son de sa voix et il était réveillé par une de mes notes vocales. Il m’arrivait parfois de penser à l’autre et prise de culpabilité de ne plus réagir à ses messages pendant quelques jours. A lui, je n’en parlais plus mais Jay me tenait au courant à coup « ça ne va plus entre eux et je pense que tu y es pour quelque chose », « tu es en train de gagner ». Ça a été une période difficile et j’étais totalement perdue entre mes sentiments pour lui et ce qu’elle traversait. Le fait d’apprendre mon existence avait mis le feu aux poudres.

« Dans 5 années, 10 années, 20 années, les circonstances de notre rencontre seront oubliées. »

Je le garde !

Dans mon plan de vie, jamais je n’avais prévu être la « voleuse ». Je suis coupable d’avoir été drôle, avenante, prévenante, intéressée, jolie, cultivée. Je suis aussi coupable d’avoir été séductrice, joueuse, taquine, amante, présente. Parfois, je pense à ce qui peut se murmurer à mon sujet mais tous les cancans n’ont aucune espèce d’importance. Dans 5 années, 10 années, 20 années, les circonstances de notre rencontre seront oubliées. Parce que oui, je nous vois bien rester ensemble. Je l’ai, je le garde et gare à celle qui voudra s’y frotter. Ça risque de piquer.

 

LIRE AUSSI >>  Mon ex est un éternel infidèle

Plus d'articles : Société