C'est mon histoire : Ses enfants nous gâchent la vie

Quand recomposé rime avec difficulté.

C'est mon histoire : Ses enfants nous gâchent la vie
Écrit par ELLE.CI
Publié le 09 novembre 2017 à 14h57

Quand recomposé rime avec difficulté.

Quand la perspective de la famille recomposée vire au cauchemar. Anna en rencontrant Ephraim était sûre de leur avenir à deux. Mais c’était sans compter sur la malice de ses filles.

S’il est une chose que je regrette c’est d’avoir lâché l’école tôt. Je me suis arrêtée en classe de première au motif que je n’aimais pas ça. Tout ce que mes parents ont pu dire n’a rien pu y changer. J’étais terriblement têtue surtout quand j’étais persuadée de mon choix. S’il est une chose que je chéris c’est d’avoir lâché l’école tôt. Sans ce parcours en dents de scie, de petits boulots mal payés en petits boulots surexploités, je n’aurais jamais rencontré Ephraïm. J’ai été tour à tour serveuse, vendeuse en grande surface, caissière, démarcheuse avant d’atterrir dans mon emploi le plus stable : télévendeuse.

« Il fallait du culot, il fallait de la tchatche. J’avais les deux. »

J’étais télévendeuse pour une entreprise offrant des services de gardiennage et de télésurveillance. Il était un de nos prospects. Nous appelions les honnêtes citoyens qui avaient eu le malheur un jour d’inscrire leur numéro de téléphone sur une liste quelconque pour leur faire la publicité de produits dont ils n’avaient pas besoin et les convaincre de nous filer un rendez-vous. En plus du salaire fixe, nous avions une rémunération supplémentaire lorsque des contrats étaient signés suite à nos appels. Il fallait du culot, il fallait de la tchatche. J’avais les deux. Mes parents avaient toujours tenu à ce que j’aie une expression impeccable, surtout mon père professeur de français.

« Par un après-midi de février, sous un soleil de plomb, Ephraïm m’attendait à la sortie du boulot, adossé à sa voiture. »

Premier rendez-vous

Je me souviens encore du jour où je l’ai appelé. J’étais dans une bonne passe où j’enchainais les appels concluants. Il avait été plus intéressé par ma personne que par nos offres mais tout cela faisait partie du jeu. Au commercial qui s’était rendu sur place, il avait expliqué qu’il prendrait 3 contrats avec nous à la condition de rencontrer celle qu’il avait eu au téléphone. C’était de l’argent pour quasi rien. Me voir ? Cela n’engageait à rien. Par un après-midi de février, sous un soleil de plomb, Ephraïm m’attendait à la sortie du boulot, adossé à sa voiture.

Début du cauchemar

Après avoir échangé nos contacts, nous nous sommes vus, vus et encore vus. Il existait une forte symbiose entre nous. Je le comprenais et il m’acceptait. Il était divorcé depuis 3 ans et avait 2 enfants dont il partageait la garde avec son ex-femme: deux filles de 16 ans et de 10 ans. Sans les avoir jamais vu, je savais déjà tout d’elles. Aussi, vu la tournure sérieuse que prenait notre relation, il devenait plus que temps de les rencontrer. Je n’aurais pas dû avoir hâte parce que la désillusion qui s’en suivit fût terrible. Notre première rencontre a été une catastrophe et encore je pèse mes mots. Après avoir refusé de m’adresser la parole, la plus grande m’avait traité de voleuse de mari.

« Les enfants de l’homme que j’aime ne m’aiment pas. »

De mal en pis

Le décor était posé et aucune amélioration n’avait eu lieu après. J’ai droit à toute sorte de remarques, sur mon niveau d’études « Mais toi tu ne peux pas comprendre », sur ma manière de m’habiller «  Papa, elle est obligée de nous suivre, elle nous fait honte ainsi », sur mon autorité « tu ne comptes pas », « tu n’es pas notre mère ». Je sens bien la main de leur mère derrière, mais ces mots blessent énormément. Ephraïm a tenté le dialogue, la menace, mais rien ne semble les faire infléchir. Les enfants de l’homme que j’aime ne m’aiment pas.

« Je l’aime il n’y a pas de doute là-dessus. Mais, j’ai peur de ce que notre vie de famille recomposée pourrait donner. »

Avec l’aide du temps peut-être

Ephraïm est de nature optimiste et me rassure sur le fait que tout cela rentrera dans l’ordre avec le temps. De mon côté, je suis de plus en plus réservée. Je l’aime il n’y a pas de doute là-dessus. Mais, j’ai peur de ce que notre vie de famille recomposée pourrait donner. Je sais bien qu’il n y a pas de formule magique et que seul le temps pourra éventuellement jouer en notre faveur, mais rien n’est garanti. Et si elles ne m’acceptaient jamais. Devra-t-il renoncer à elles pour les vacances ? Pourrais-je supporter patiemment leur manque de respect ? Que se passera-t-il quand nous aurons nos enfants ? Trop de questions se bousculent dans ma tête qui me font reconsidérer notre futur.

 

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