C'est mon histoire : J'ai rencontré l'amour en plein vol

Un vol pas comme les autres

C'est mon histoire : J'ai rencontré l'amour en plein vol
Écrit par ELLE.CI
Publié le 23 mai 2017 à 14h38

Un vol pas comme les autres

Célia avait planifié ses vacances en Europe depuis un an. Quand elle rencontre cet homme froid et mystérieux, ses plans sont chamboulés...

C'était un vendredi soir. Je m'en souviens comme si c'était hier. Je partais en vacances pour Paris puis Barcelone. J'attendais de faire ce voyage depuis des mois, j'avais économisé pour. Ces instants étaient trop rares et j'étais plus qu'heureuse à l'idée de ces deux semaines de vacances. La chaleur était particulièrement humide, ce soir-là, à l'aéroport d'Abidjan. Pour une fois, je voyageais sans le stress des bagages, des courses de la famille ou des imprévus du boulot. C'était le début du bonheur.

«Entre deux rangées de sièges, nos regards ont commencé à jouer au chat et à la souris.»

LA RENCONTRE

Arrivée dans la salle d'embarquement, je parlais à une connaissance quand mon regard croisa cet homme. La trentaine, grand, peu souriant mais soigné et le regard figé sur sa tablette. Je le trouvais pas mal mais de nature timide, je me suis résolue à l'effacer de mes pensées. Comme d'habitude, je tomberais sur un voisin lourd. Et puis de toute façon, c'était un vol de nuit. Quelle importance... Passé le temps des rêveries, je me suis mise à bouquiner. Entre deux rangées de sièges, nos regards ont commencé à jouer au chat et à la souris. C'était la première fois que quelqu'un me regardait comme ça. Ce je ne sais quoi en lui m'attirait... Au moment de l'embarquement, tout le monde se pressa dans la file d'attente mais n'ayant qu'un sac à main en guise de baguage cabine, je suis patiemment restée sur mon siège. Il semblait avoir eu la même idée que moi. Et, le jeu de regards reprit de plus belle...

L'embarquement touchait à sa fin. Je me suis décidée à sortir de ma lecture pour entrer dans l'avion. Dans le couloir menant à l'avion, il me lança son premier sourire. J'étais complètement déstabilisée. Sans que je ne me rende compte, l'hôtesse prit mon billet et m'indiqua mon siège mon siège «A21, madame ! ». Je pris place. Quelques secondes plus tard, il s'assit à côté de moi. Surprise ! C'était mon voisin de vol. Quelle était la probabilité qu'il ait le siège B 21 ?! Il ne fallait surtout pas qu'il se rende compte que j'étais nerveuse. Histoire de retrouver un semblant de fierté, je recommençai ma lecture même si je n'étais plus complètement concentrée. L'avion commença sa lancée sur le tarmac. Extinction des lumières. Décollage. Je ne pensais qu'à lui et essayais de le fuir du regard. Quelques minutes plus tard, l'hôtesse servit le diner, que j'ai refusé. «Nerveuse de prendre l'avion ?». C'était lui.

« L'intimité que ce vol de nuit nous offrait était une aubaine. Je ne pouvais pas m'arrêter de l'embrasser. J'étais euphorique ! J'avais perdu toute notion du temps dans ses bras. »

UN VOL PAS COMME LES AUTRES

J'ai rétorqué du tac au tac « non, non, pas du tout. J'ai déja mangé c'est tout.». Banale comme réponse, j'aurais pu faire mieux... Pour rattraper le tir, je me suis présentée et ai engagé la conversation : « Moi c'est Célia, et vous ?» . « Moi c'est Matthieu. Alors vous partez en vacances ? ».Nous avons discuté de nos jobs, de la mauvaise nourriture dans l'avion, de nos endroits préférés à Abidjan. Il restait à Paris pendant deux semaines pour passer du bon temps et revoir ses amis. Au bout d'une heure, il sortit sa tablette et me dit « je n'arrive pas à dormir, si ça te dit on peut regarder un film si tu es insomniaque comme moi ? ». Impossible de refuser à cette proposition. J'étais comme une ado qui avait son premier béguin. Il partagea ses écouteurs avec moi. Je m'en souviens bien, le film était une science-fiction américaine. Il avait sûrement fait ce choix pour ne pas passer pour un dragueur invétéré.

Les lumières étaient éteintes. Tous les passagers de la classe éco étaient endormis sauf nous. En pleine action dans le film, je fus prise d'un sursaut. Alors, il me prit par l'épaule. Déconcertée, je tournai mon visage vers lui. Il fit de même. Quelques secondes plus tard, nos lèvres s'effleuraient. Il était en train de m'embrasser. L'intimité que ce vol de nuit nous offrait était une aubaine. Je ne pouvais pas m'arrêter de l'embrasser. J'étais euphorique ! J'avais perdu toute notion du temps dans ses bras.

RIEN QU'UN FLIRT ?

6h du mat. Atterissage. Il reprit son expression froide de la salle d'embarquement. Après tout, ce n'était qu'un flirt...ou du moins, j'essayais de m'en convaincre car il ne me prêtait plus aucune attention. Au moment de sortir de l'avion, il se faufila entre les passagers pour descendre vite. Je n'essayais pas de le rattraper au risque d'avoir l'air désespérée. Après tout, c'était peut-être une erreur et une simple anecdote à raconter aux copines. Je suivis les passagers pour me rendre jusqu'au contrôle des passeports. Cet épisode allait me gâcher le début de mes vacances. Je n'étais plus d'humeur et j'étais confuse par son attitude mais je ne comprenais pas pourquoi je donnais autant d'importance à ce type. Quel était l'intérêt de flirter avec moi pour ensuite me laisser comme ça ?!

J'ai continué mon chemin seule vers le hall des baguages. Le soleil pointait le bout de son nez à Paris. «On va prendre un café pour profiter du beau temps ?». C'était mon voisin de vol. J'ai hoché froidement la tête pour lui répondre. C'était ma manière de me "venger" de son comportement plus tôt. Il s'excusa. « Je ne savais pas quoi faire ou quoi te dire après...enfin, tu vois mais j'ai envie de te connaître si tu le veux bien sûr. ». Il balbutiait et perdait en assurance. Je le trouvais mignon. Nous avons échangé nos numéros et nous sommes donnés rendez-vous.

J'ai déposé mes baguages à l'hôtel puis l'ai rejoint dans un café près de l'Opéra de Paris. Matthieu et moi avons discuté comme si nous nous connaissions depuis toujours. Nous avons passé toute la journée ensemble et avions fini, je ne sais comment, dans un restaurant vietnamien. Il me raccompagna à mon hôtel et au moment de lui dire aurevoir, je lui ai proposé de monter. Arrivée dans ma chambre, il me prit dans ses bras, m'embrassa encore une fois mais avec une adresse que lui seul maîtrisait. J'en redemandais. Nous sommes restés jusqu'au lendemain dans ma chambre d'hôtel et ne nous sommes plus quittés des vacances. J'ai annulé mes plans pour Barcelone. Nous ne pouvions plus nous laisser. Ce n'était que le début de mon histoire avec Matthieu, mon voisin de vol.

Ce sont des histoires comme il n'en existe plus. Cette rencontre inattendue sur ce vol de nuit a chamboulé ma vie. C'était il y a cinq ans. Aujourd'hui, nous vivons ensemble et avons un garçon de deux ans. Chaque voyage nous ramène à ces premiers instants de notre relation. J'ai trouvé l'amour en plein vol.