C'est mon histoire : J'ai mis fin à une amitié toxique

Les ruptures aussi en amitié

C'est mon histoire : J'ai mis fin à une amitié toxique
Écrit par ELLE.CI
Publié le 09 août 2017 à 15h16

Les ruptures aussi en amitié

Aurelia a dû mettre fin à une amitié mais a connu plusieurs années de déni avant de se rendre compte que cette relation était tout sauf saine. Elle nous raconte son histoire, celle d'une amitié déséquilibrée et toxique avec Stéphanie.

J'ai rencontré Stéphanie au collège. C'était une fille appréciée de tous. J'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour elle. C'était le genre de personne qui ne passait pas inaperçue. Elle est belle, intelligente, hyper sociable, ambitieuse, entreprenante et n'avait pas froid aux yeux. J'ai toujours eu beaucoup d'enthousiasme quand il s'agissait de l'aider. Je la couvrais quand elle sortait en boîte avec son petit ami de l'époque, j'étais là à chacun de ses déménagements pendant notre vie étudiante. Nous passions toutes nos vacances ensemble. On s'amusait à nous surnommer "tic et tac" car nous étions inséparables. 

« Stéphanie était plus aventureuse que moi et c'est peut-être pour ça que nous nous entendions si bien, nous étions complémentaires. »

Stéphanie était un coup de foudre amical. Nos fous rires étaient épiques. Elle était l'une des rares personnes de mon entourage à savoir me mettre en confiance. Sa présence m'était indispensable. Du moins, c'est ce que je croyais à l'époque. Stéphanie avait une vie de rêve. Elle avait de belles opportunités de carrière dans la finance, était toujours en couple avec des hommes adorables dont elle finissait par se lasser, s'embellissait avec l'âge. Son chemin était tout tracé. De mon côté, je cherchais une vie plus calme qui cadrait avec mon tempérament. Je suis une grande passionnée de code. Je passais mon temps à concevoir des sites, découvrir de nouveaux langages informatiques. Mon métier cadre bien avec ma personnalité. Stéphanie était plus aventureuse que moi et c'est peut-être pour ça que nous nous entendions si bien, nous étions complémentaires.

En 2010, nous avons commencé à travailler. Elle a commencé à travailler dans une célèbre banque d'affaires après son stage et moi en tant que développeuse dans une agence. Elle fréquentait un milieu totalement différent du mieux. C'est là qu'a commencé l'éloignement. Nous étions en train d'évoluer différemment. Elle était toujours en voyage, sortait souvent le soir alors que moi je m'installais tranquillement dans mon petit cocon, partait au cinéma avec quelques amis, faisait des petits afterworks. Ma vie était moins mouvementée que la sienne mais me correspondait. Nos retrouvailles étaient toujours de beaux moments et nous avions toujours des choses à nous raconter mais la relation s'effritait car je commençais à sentir le déséquilibre dans notre relation.

« Ma vie n'avait pas d'importance pour elle. Elle était égocentrique, autocentrée. Je l'ai observée déblatérer sa vie sans un mot puis elle est partie. »

C'est un évènement triste de la vie qui a sonné le glas de la fin de notre amitié. J'ai perdu mon père en 2013. La première amie que j'ai pensé à contacter était Stéphanie mais il semblait qu'elle n'avait pas le temps de m'écouter malgré ma voix tremblante révélant mes pleurs, et surtout mon état. Quelques jours plus tard, Stéphanie m'a fait une visite surprise. Elle a demandé comment j'allais sans prendre même le temps de me laisse répondre, elle a enchaîné sur ses voyages à Singapour, sa semaine aux Maldives et son nouveau mec rencontré dans une soirée huppée. Ma vie n'avait pas d'importance pour elle. Elle était égocentrique, autocentrée. Je l'ai observée déblatérer sa vie sans un mot puis elle est partie. Mon fiancé m'a fait remarquer qu'à chaque fois que je voyais Stéphanie, j'étais irritée. Je n'avais jamais fait attention mais son manque de considération avait fini par m'atteindre au plus haut niveau.

« Les ruptures sont souvent difficiles surtout quand il s'agit de quelqu'un avec qui on partage des choses profondes et ce depuis depuis des années mais parfois, elles sont nécessaires. »

Les jours suivants, les appels de Stéphanie restaient en absence, ses sms et WhatsApp sans réponses. Je ne la supportais plus. Stéphanie ne connaissait pas le concept d'être à l'écoute, ni être présente pour une personne autre qu'elle. Un samedi matin, elle a débarqué chez moi me demandant des explications sur mon comportement comme si j'étais un enfant en bas âge. C'était trop ! J'ai rétorqué avec beaucoup d'ironie que j'avais hâte de l'entendre me raconter une de ses supers soirées de la semaine dernière. Elle a cru que mon ironie était de la jalousie et est devenue agressive. Je n'ose pas répéter les mots de son monologue. Pour résumer, Stéphanie a toujours eu le sentiment profond que je l'enviais. C'était assez triste car j'aurais tout fait pour cette fille. Je lui ai simplement répondu que je préparais l'enterrement de mon père et que je n'avais pas le temps de l'écouter sa vie que j'enviais selon ses dires.

Elle m'a regardé dans un silence profond, et le regard à la fois niais et stupéfié. Je lui ai simplement dit de sortir de chez moi. Je pense qu'elle avait compris ce que je lui reprochais vraiment et elle avait cerné une chose : notre amitié était finie. Les ruptures sont souvent difficiles surtout quand il s'agit de quelqu'un avec qui on partage des choses profondes et ce depuis depuis des années mais parfois, elles sont nécessaires. Aujourd'hui je suis maman, je veille à garder un certain équilibre dans mes relations. Aux dernières nouvelles, Stéphanie a eu un gros poste dans son entreprise et va se marier. Je ne souhaite que du bonheur à Stéphanie et j'espère sincèrement qu'elle le trouvera mais ce sera sans moi. 

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