C’est mon histoire : J’ai été harcelée au travail

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C’est mon histoire : J’ai été harcelée au travail
Ophélie Farissier
Écrit par Ophélie
Publié le 10 avril 2019 à 17h22

Parlez-en !

Souvent on croit que ces histoires sont impossibles dans la vraie vie… Et pourtant ça m’est bien arrivée.

"J’ai mis 3 ans à en parler et voici mon histoire."  

Fraîchement diplômée je me lançais sur le marché du travail, à la recherche de mon premier emploi. Avec peu d’expériences sur mon CV personne ne voulait de moi. Je passais les entretiens mais je n’étais jamais retenue, au point où j’ai même envisagé de reprendre mes études. Puis, j’ai vu cette annonce en ligne.

L’offre était à 50 kilomètres de ma maison, j’allais devoir faire plus d’une heure de route tous les jours mais j’étais désespérée et le salaire commençait à manquer. Les petits boulots pour survivre ne faisaient que me fatiguer dans mes recherches et je n’explorais pas mon champs de compétences.

Après trois jours, j’ai eu un appel d’un homme, qui souhaitait me rencontrer pour passer un entretien. Pour mettre toutes les chances de mon côté je portais ma robe porte-bonheur que ma maman m’avait offert. Elle est bleue marine, sans décolleté et arrive en dessous des genoux, je ne dirais pas qu’elle est sexy mais elle laisse entrevoir la courbes de ma taille à mes hanches. On ne va pas dire le contraire, elle me met en valeur.

Après cette route interminable, je suis arrivée dans un village, perdu au milieu de nulle-part. L’entreprise était aménagée dans le garage de la maison du patron. Je n’ai pas trouvé forcément ça louche au début, puis par la suite le boss m’avait dit qu’il cherchait à économiser pour pouvoir acheter des locaux. En fait, il utilisait surtout son entreprise pour faire passer tous les frais de la maison (du haut) sur les factures de son entreprise (en bas). N’étant pas dans le secteur de la fraude, je n’ai rien dit. L’entreprise était familiale, les fils et leurs femmes travaillaient également pour ce même homme. Il y avait aussi un chat, la mascotte de l’entreprise. J’ai été prise après 20 minutes d’entretien, il y avait un bon feeling et le fait que ça soit familial et joyeux m’a bien convaincu, j’allais être bien ici.

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La semaine d’après, je commençais. Hyper contente, je n’arrêtais pas d’en parler autour de moi et je vantais les mérites de la boîte. Mais quelques semaines après l’euphorie du premier emploi ça a été la descente aux enfers. Je travaillais beaucoup plus que j’étais payée et les trajets m’épuisaient. Certains week-ends, je devais représenter l’entreprise dans des salons et toute l’équipe partait ensemble. Ma vie sociale n’existait plus et le premier signe a été infaillible. Alors que je rencontrais le réseau proche de mon patron, un de ses amis lui a dit : « Tu ne choisis pas les plus moches dans tes employées. » et il lui a répondu : « Tu crois quoi ? il y a une photo qui accompagne le CV ! ».

J’avais compris pourquoi le manque d’expérience n’était pas une de ses inquiétudes durant l’entretien, mon amour propre avait pris un certain coup.

2 mois après, un des fils m’envoyait des sms sexuels lorsque sa femme n’était pas là.

S’il ne le faisait pas, c’était son père qui me regardait avec des yeux pervers cherchant à entrevoir ma poitrine que je cachais le plus possible quand je travaillais. J’ai commencé à ne plus m’habiller comme je voulais mais de façon à ne pas attirer les regards. Plusieurs fois, lorsque je travaillais jusqu’à la nuit tombée, le patron me proposait de dormir chez lui. Bien que mes réponses étaient tout le temps négatives, il continuait.

La fois de trop, est quand je me suis retrouvée seule lors d’un déplacement avec mon patron. Je l’aidais à monter notre stand pour le salon et vu qu’il faisait chaud j’étais en short. Ma force n’était pas comme il l’attendait et il m’a fait porter des barres métalliques que j’ai échappé sur ma cuisse. Je me suis coupée, et pincée, la blessure était assez profonde. Au lieu de venir voir comment j’allais, il a explosé de colère en m’insultant et en levant la main sur moi. Je pense qu’à force de repousser ses avances, il a développé une haine contre moi et c’était plus possible humainement de travailler là-bas. Le lundi suivant j’ai posé ma démission et je ne suis plus jamais revenue.  

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