C'est mon histoire : J'ai épousé un alcoolique

Yves était charmant et irréprochable (ou presque). Par amour, Cynthia a longtemps nié son problème d’alcool.

©Tookapic

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Écrit par ELLE.CI
Publié le 09 février 2017 à 17h33

Yves était charmant et irréprochable (ou presque). Par amour, Cynthia a longtemps nié son problème d’alcool.

Yves aimait boire pour les grandes occasions mais je ne réalisais à quel point l’alcool était présent dans notre quotidien. Huit mois après notre rencontre, nous nous sommes mariés. L’enfer a commencé après ma première fausse couche.

Pendant ma grossesse, Yves n’avait pas ralenti le rythme avec la boisson, ni supprimé sa routine au bar avec ses amis. J’ai perdu le bébé au sixième mois de grossesse. Et s’il est vrai que mon mari a été pour moi un véritable soutien dans cette épreuve, je dois admettre que je supportais de moins moins l’odeur de l’alcool qui se dégageait constamment de ses vêtements. J’ai tout mis sur le compte de la douleur. Yves était simplement très affecté par la perte du bébé. Très vite, je suis de nouveau tombée enceinte. Le médecin avait prescrit le repos, mais comment y arriver quand vous dormez à côté d’un homme qui empeste constamment l’alcool et ronfle comme un ours. A son réveil, Yves était à mes petits soins et savait me faire oublier les nuits blanches. Il prenait soin de la maison, de moi. Mon époux était un ange quand il ne buvait pas. De plus, lorsque nous étions en société, Yves ne faisait jamais de faux pas, aucun mot de travers. Pourtant, sa consommation d’alcool était alarmante.

Quand l’alcool prend le dessus

Quand notre fils est né, tout s’est dégradé. Cédric était une bouffée d’air frais. Ses petits yeux me faisaient oublier la douleur et même le manque d’implication de son père dans son existence. Yves rentrait de plus en plus tard, il prétextait avoir du travail et du mal à se concentrer à la maison avec les pleurs de notre fils. Quand je soulignais le peu d’attention qu’il lui accordait, mon époux répondait que le petit pleurait à chaque fois qu’il le prenait dans ses bras. La nuit, j’étais seule à nourrir notre bébé, parce que son père était littéralement ivre mort. Une nuit, Cédric pleurait plus que d’ordinaire, j’avais tout essayé, le sein, le bain, la berceuse, rien ne parvenait à calmer mon fils. Soudain, il s’est arrêté de pleurer et avait des difficultés à se respirer. J’essayais désespérément de réveiller Yves pour qu’il nous conduise aux urgences mais c’était peine perdue. C’est finalement une amie qui a pu venir nous chercher Cédric et moi. Lorsque nous sommes arrivés l’hôpital, c’était moins une, quelques minutes et mon fils mourrait. Le lendemain, Yves m’a appelé pour savoir où je me trouvais avec notre fils. Quelle honte !

"J’aimais Yves, mais les choses devaient changer. Il en allait de la survie de notre famille, de notre couple."

Le dernier recours

Mon fils allait beaucoup mieux. Si je me battais, c’était uniquement pour Cédric. J’aimais Yves, mais les choses devaient changer. Il en allait de la survie de notre famille, de notre couple. J’ai donc inversé les rôles. Pendant plusieurs semaines, j’ai mis Yves face à ses responsabilités de père. J’ai laissé la maison en vrac, feintait de sortir chaque soir, imbibait mes vêtements d’alcool. Tous les coups étaient permis. Yves était affolé. Il ne savait pas comment s’occuper du petit. Il a craqué et m’a demandé de me remettre sur les rails. C’est là que j’ai extériorisé toute la rage que je ressentais à son égard. J’avais de la peine de le voir se détruire. A peine avais-je fini qu’il était à mes pieds. Il m’a demandé si je voulais le quitter. Je l’aimais toujours alors, je lui ai donné une chance. Yves a consulté un spécialiste pour son problème avec alcool. Ce serait mentir de dire qu’il n’a pas bu depuis. L’alcool est toujours présent mais, moins fréquent. Mon mari fait des efforts, et ses progrès sont indéniables. Je le soutiens, je l’accompagne.

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