C'est mon histoire : J'ai changé de réligion par amour

Au nom de l'amour.

C'est mon histoire : J'ai changé de réligion par amour
Écrit par ELLE.CI
Publié le 02 novembre 2017 à 16h25

Au nom de l'amour.

Pour ses parents, pour ceux qui l’ont vu grandir dans le quartier tranquille des coteaux, pour ses promotionnaires du Master Fiscalité des Entreprises, il est Jean, pour les autres il est désormais Yssouf.

Je suis né dans une famille catholique et j’y ai fait toutes mes classes : baptême, communion, confirmation. Plus jeune, je n’étais pas très fervent. Ma foi était induite par celle de mes parents. J’ai fait la catéchèse parce que tous mes amis y allaient et la perspective de la messe du dimanche me réjouissait surtout pour les goûters à la sortie : « croch-croch », croquettes, chips, beignets, etc. Nous nous en donnions à cœur joie parce qu’il était rare que maman dise non ce jour-là, et cela, aussi farfelue que puisse être la demande.

« Mes parents ont divorcé quand j’étais en classe de première sans nous donner de réelles explications. C’est quand il s’est remarié quelques temps après que j’ai compris. »

 

L’éveil à la foi

Ce n’est que plus tard au collège que ma foi s’est vraiment (r)éveillée. J’ai été orienté dans un collège catholique. J’y ai rencontré d’autres jeunes, plus impliqués, plus engagés, plus avancés dans leur spiritualité qui m’ont donné envie de vivre plus. J’ai intégré un mouvement marial et Maman Marie a été mon refuge tout le long de mon cursus scolaire et pendant le divorce de mes parents. Mes parents ont divorcé quand j’étais en classe de première sans nous donner de réelles explications. C’est quand il s’est remarié quelques temps après que j’ai compris.

« J’avais déjà eu des coups de cœurs mais ça avait été différent parce qu’elle était différente. »

 

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La rencontre

A l’université, j’ai intégré la communauté mariale de ma paroisse et quand je n’étais pas en cours, il y avait de fortes chances que l’on m’y retrouve. C’était désormais moi qui entrainais ma mère et mes jeunes frères. Même devenu un jeune travailleur, mon engagement n’a pas baissé. C’est justement à la sortie d’une recollection de ma communauté que j’ai rencontré Sarah. Elle avait décidé de s’adosser sur notre voiture pour attendre une amie qui tardait. J’avais déjà eu des coups de cœurs mais ça avait été différent parce qu’elle était différente. Je devais être ridicule quand je lui demandais son numéro. Mais aurais-je eu une autre occasion ? Elle avait souri devant ma maladresse évidente et elle m’avait répondu de bon coeur.

Nous avons commencé à nous fréquenter et j’ai appris qu’elle était musulmane. Le jour de notre rencontre, elle ne faisait qu’attendre une amie qui était à la recollection que l’on organisait. Nous avons néanmoins continué à nous voir. Ça me semblait être un détail. Tout le monde chez moi adorait Sarah. Sarah vivait avec sa mère que j’avais plusieurs fois rencontré. Sarah, ma douce Sarah ! Je l’aimais. Je l’aime. Sinon je ne lui aurais pas demandé sa main. Sarah était tout pour moi et rien au monde ne m’aurait fait changer d’avis.

« Quelques mois avant j’aurais filé sans demander mon reste, mais aujourd’hui je ne m’imagine plus vivre sans elle. »

La conversion

Quand elle m’a annoncé que je devais changer de religion pour être avec elle, il était trop tard. Son papa ne changerait pas d’avis. Si elle me l’avait dit au début, j’aurais sans hésitation filé sans demander mon reste. Mais aujourd’hui je ne m’imaginais plus vivre sans elle. Je tenais à ma foi. Je tiens à ma foi. Mais Sarah ! Sarah était ma moitié. Sarah est ma moitié. Son père qui avait plusieurs femmes et vivait avec la 4ème a été catégorique : il accepterait un musulman converti uniquement à cause de sa fille sinon il aurait souhaité un musulman « de souche ». Il ne croyait pas à la conversion par amour mais sa fille tenait à moi.

« Il y a toutefois une chose qui n’a pas changé : dans les moments de combats et de doutes, je trouve mon refuge dans ma foi catholique.»

Quand je suis rentré ce soir-là, mon visage disait tout. Maman a tout de suite compris sans que je ne dise quoi que ce soit. Elle m’a serré dans ses bras en répétant qu’elle me soutiendrait peu importe mon choix et qu’il s’agissait de ma vie. J’ai épousé Sarah. J’ai dû me faire baptiser à la mosquée. Notre union a été célébrée il y a maintenant 2 ans. Sarah est très heureuse. Je ne vais pas nier que les débuts ont été difficiles. Désormais je vais à la prière, je participe aux rituels de famille, je prépare mon pèlerinage à la Mecque. Il y a toutefois une chose qui n’a pas changé : dans les moments de combats et de doutes, je trouve mon refuge dans ma foi catholique.