Axelle Dfoubi, créatrice de la marque solidaire Ngah

De la comptabilité à la mode

Axelle Dfoubi, créatrice de la marque solidaire Ngah

© Axelle Dfoubi

Écrit par ELLE.CI
Publié le 23 janvier 2018 à 17h53

De la comptabilité à la mode

En hommage à un être cher, Axelle Dfoubi a baptisé sa marque de prêt-à-porter "Ngah". Elle nous parle de ses inspirations et du Fashion Accelerator qu'elle a intégré.

Bonjour, Pourquoi le nom : "Ngah" ?

Au Cameroun le terme « nga » désigne la femme, la fille. C’est le nom de ma grand-mère elle se nomme Ngah Hélène, une femme, une mère, une grand-mère, elle a perdu son mari trop tôt et s’est retrouvée responsable de famille de 8 enfants. « Ngah » c’est un remerciement, c’est un message de force, nous tous sommes capables d’accomplir des choses incroyables.

Qu'est-ce qui vous a poussé à créer votre marque "Ngah" ?

L’amour, l’entraide, solidarité sont les raisons principales de mon saut dans cette aventure. J’ai fait des études dans le domaine de la comptabilité, j’ai travaillé pour de grands groupes mais il me manquait ce truc, ma vie ne pouvait se résumer au métro, boulot, dodo comme nous disons en France. Après beaucoup de réflexion, un voyage solo à Madagascar et à Zanzibar, je savais ce qu'il me restait à faire. J’ai voulu créer quelque chose qui crée de l’emploi, qui aide, et encourage les femmes au Cameroun dans un premier temps. Je me suis rendue vite compte que dans mon entourage j’avais de tout ce dont j’avais besoin pour me lancer. J’ai Osé. Nous avons mis en place une première collection que nous avons présenté à nos clientes et au vu du succès, j’ai su que je tenais là quelque chose.

« Je me suis rendue vite compte que dans mon entourage j’avais de tout ce dont j’avais besoin pour me lancer. J’ai Osé. »

Quelle est votre marque de fabrique ?

Nos produits sont fabriqués en Afrique, notre atelier basé au Cameroun permet de donner de l’emploi à 5 femmes brillantes. Tout au long de l’année, nous faisons des capsules, nous utilisons d’autres tissus. En exclusivité, je vous annonce que le premier de cette année sera le Toghu une étoffe des chefferies et des notables du nord-ouest du Cameroun, réalisé avec du velours de couleur noire sur laquelle sont brodés à la main des motifs et décorations avec du fil de couleur jaune rouge et blanc.

Que vous apporte le Fashion Accelerator by SunuStartup ?

Mon projet est encore à ses débuts, ce qui implique certaines fois que je m’éparpille (que je me mélange). Il me manquait vraiment cette structure de réflexion, grâce aux intervenants de qualité fournis par Fashion Accelerator, j’ai vraiment pu échanger sur ma vision et mes objectifs, plusieurs outils étaient donnés pour la mise en place et la réalisation de mes différents objectifs à moyen et long terme.

Et l’un des points les plus importants essentiels sur Fashion Accelerator, c’est l’échange, nous sommes devenus une communauté, certaines d’entre nous ont fait des passerelles entre leurs projets. Nous nous nous appelons régulièrement pour les évènements, les opportunités que nous avons. Parler de Fashion Accelerator sans parler d'Azimath Adjassa est juste impossible. C’est une femme hors du commun, inspirante, qui est très à l’écoute c’est grâce à elle que tout

 

« J’ai des inspirations variées car je garde toujours l’esprit ouvert pour ne pas passer à côté de quelque chose, un déclic.»

Quels sont les designers qui vous inspirent ?

Je suis inspirée par la haute couture de manière générale. Kofi Ansah le « gourou » de la mode africaine et son utilisation des tissus locaux richement texturés. Duro Olowu son utilisation des couleurs et ses mises en scènes ou encore l’incroyable Oumou Sy. Dans un autre registre Elie Saab, sa manière de mettre la femme en valeur, l’utilisation des matières. Et pour finir Jacquemus, sa collection printemps été 2018 est une pure merveille. J’ai des inspirations variées car je garde toujours l’esprit ouvert pour ne pas passer à côté de quelque chose, un déclic.

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