Au travail : Comment dire « non » au bureau ?

Savoir dire non.

Au travail : Comment dire « non » au bureau ?
Mouasso Angui
Écrit par Mouasso Angui
Publié le 06 mars 2017 à 13h51

Savoir dire non.

« Elle sait parler dix-huit langues, mais ne sait dire “non” dans aucune ». De nombreuses femmes se reconnaissent dans cette affirmation de Dorothy Parker. D’après certaines études, il est plus difficile pour les femmes de dire “non” au travail supplémentaire, aux tâches qui ne relèvent pas de leurs fonctions. Dans un univers professionnel où il faut fournir plus d’efforts en moins de temps, où il arrive très souvent que nos collaborateurs ou supérieurs nous sollicitent pour des tâches qui parfois n’ont rien à voir avec nos responsabilités, toutes les demandes ne sont pas bonnes à prendre. « J’ai besoin de ton avis sur...» ; « Peux-tu jeter un coup d’œil à ma présentation ?» ; « J’ai besoin de ton aide pour finaliser ce document » ; voici le genre de demandes auxquelles il faut faire face. Pour ne pas être submergée, il faut parfois poser des limites grâce au “non”. Oser dire “non” ce n’est pas toujours naturel, mais ça s’apprend.

Pourquoi est-ce si difficile de dire “non” ?

La difficulté à dire “non” puise fondamentalement son origine du système moral universel, de l’éducation et des valeurs inculquées. Les femmes ont tendance à culpabiliser plus que les hommes quand elles disent “non”. Elles ne veulent pas être dénigrées par leurs managers ou collègues. Dire “oui” est un moyen de se faire apprécier. Inconsciemment le refus s’apparente à de la méchanceté ou à de l'égoïsme et pourtant dire “non”, c’est s’affirmer !

Réfléchir avant de répondre

Ne soyez pas impulsive de peur d’être dépassée par les événements et regretter votre décision. Prenez le temps d’analyser chaque demande. Quelle incidence sur votre travail et votre organisation ? Qu’est-ce que cela implique en terme de temps ? Il est important de se poser ces questions. Retenez bien que c’est à une situation que vous dites “non”, pas à une personne.

Dominer la peur et cesser de culpabiliser

Si avec les collègues la tâche semble envisageable, elle s’avère souvent impossible avec les supérieurs. Dire non à son chef, est assimilé à un suicide professionnel. Les conséquences du refus sont surestimées. Ne culpabilisez surtout pas, il  y a un gap entre dire non et être rebelle. Vous dites non à une situation qui ne vous convient pas, à une tâche qui pourrait mettre à mal votre efficacité. Au lieu de renvoyer une mauvaise image de vous, votre refus peut apparaître à votre boss comme une qualité, une preuve de caractère et de personnalité indispensables à un bon manager.

Refuser sans offusquer

Dire “non” d’accord, mais avec la manière. Les raisons pour lesquelles vous dites “non” sont valables. Faites taire la petite voix dans votre tête qui essaye de vous convaincre du contraire. Parlez calmement, d’un ton ferme. Évitez le radical “non”, préférez plutôt “j’apprécie vraiment que tu aies pensé à moi pour ce projet mais j’ai prévu de passer la semaine sur [nom du projet].” Expliquez-vous sans pour autant tomber dans la justification. Soyez polies sans tomber dans l’excès. Suggérez d’autres alternatives si possible. Vos collègues chercheront à vous amadouer ou vous faire changer d’avis, mais tenez-vous en à votre décision. Ainsi, vous pourrez vous affirmer tout en gardant des relations saines et cordiales avec vos collaborateurs.

Passez à la pratique

Si vous faites partie de la team “je suis convaincue qu’il faut savoir refuser mais je ne peux pas dire non”, alors commencez doucement. Une fois par semaine, dites “non” même si cela vous dérange. Vous réaliserez les bénéfices du savoir dire “non” : se focaliser sur ce qui est important, libérer plus de temps pour les loisirs et la famille… En disant “non” aux requêtes, vous vous concentrez plus sur les projets qui font avancer votre carrière et vous ouvrent de nouvelles perspectives.

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