#MyChicAfrica : les arts naïfs, témoins des mutations des sociétés africaines

#Art

#MyChicAfrica : les arts naïfs, témoins des mutations des sociétés africaines
Lafalaise D. pour #MyChicAfrica
Écrit par Lafalaise D. pour #MyChicAfrica
Publié le 21 décembre 2018 à 09h27

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Les arts naïfs rythment la vie culturelle abidjanaise de la fin d’année 2018 avec la Biennale internationale des arts naïfs d'Abidjan, rendez-vous initié par le maître ivoirien de ce style pictural : Augustin Kassi. « C’est en 1996, lors de la biennale du Sénégal, qu’est née l’idée de l’organisation d’une biennale en Côte d’Ivoire. Que de chemin parcouru ! Aujourd’hui, malgré nos moyens limités, nous sommes à la 6e édition. Signe de notre attachement à l’art naïf ivoirien qui, hier, sujet de moquerie, est aujourd’hui en train de s’imposer dans le paysage pictural ivoirien et même ailleurs dans le monde. », telle est la genèse de la BINA (Biennale internationale des arts naïfs d'Abidjan). Du 14 au 28 décembre 2018, une trentaine d’artistes ivoiriens, béninois, nigériens, camerounais, maliens, et burkinabés exposent à l’Institut Culturel Français d’Abidjan.

Mais qu’est-ce que l’art naïf ?

Style pictural qui ne respecte pas les conventions telles que les perspectives, la précision du dessin ou les dimensions, l’art naïf est fréquemment adopté par les peintres autodidactes. En Côte d’Ivoire, le chef de file de cet art est Augustin Kassi, notoire pour ses tableaux des « grosses femmes ».

"Les Grosses Femmes" d'Augustin Kassi

"Les Grosses Femmes" d'Augustin Kassi

Oeuvres d’Augustin Kassi

De l’art naïf en Côte d’Ivoire, on en rencontre à Bassam et sur les marchés culturels Abidjanais. Le style a souvent été décrié et peu valorisé mais Augustin Kassi, à qui la scène internationale s’est ouverte, témoigne de l’engouement sur tout le continent grâce à la participation des amateurs et artistes présents venus de toute l’Afrique subsaharienne. Parmi ces artistes, Adbias Ngateau du Cameroun, David Coulibaly du Mali, Jorge Pingwende du Burkina-Faso…Pour admirer et comprendre l’art naïf, nul besoin d’être un(e) expert(e). A travers leurs couleurs vives et traits immédiatement reconnaissables, les tableaux racontent des scènes de vie et témoignent de la vie urbaine.

Art naïf et villes africaines urbaines

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Tableau de Babs 

Les oeuvres des artistes s’articulent autour des « mutations urbaines », le thème sélectionné pour cette 6ème édition de la BINA. Chacun s’est adonné à son interprétation. Babs nous raconte les nuits citadines africaines, Kattie Léandre immortalise la coquetterie des femmes africaines en ville. Des artistes comme Loriko Taki décrivent les inondations qui ont touché Abidjan en juin dernier, un témoignage des disparités sociales persistantes dans une ville en plein boom. Quant à Berete, il visualise la ville d’Abidjan conjuguée au futur avec son métro en construction, ses nouveaux ponts et le contraste avec les monuments qui ont fait sa splendeur d’antan.

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De gauche à droite : tableau de Berete et tableau de Loriko Taki

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Article en partenariat avec #MyChicAfrica