Lecture : Le pouvoir du moment présent d’Eckhart Tolle, ou comment se reconnecter à sa réelle nature

Notre pire ennemi, c'est nous même

Lecture : Le pouvoir du moment présent d’Eckhart Tolle, ou comment se reconnecter à sa réelle nature
Aurélie Kouman
Écrit par Aurélie Kouman
Publié le 30 juillet 2019 à 16h43

Notre pire ennemi, c'est nous même

Vendu à plus de trois millions d’exemplaires et traduit en 33 langues, ce best-seller ruissèle d’explications de sorte à déjouer les pièges du mental et nous installer là où nous devrions tous être : dans « l’ici et maintenant ». Toutefois au fil de la lecture la besogne surgit : cet idéal de bien-être n’est pas si simple à obtenir. Il est en fait à conquérir et saisir à notre plus grand adversaire : nous-mêmes. Voici quelques points essentiels à extraire de ce texte.

1) Se libérer de sa pensée

« Vous n’êtes pas votre mental». Cette citation ferait certainement s’insurger tous les sympathisants du philosophe René Descartes et de sa formule « Je pense donc je suis ». Il n’empêche que c’est bien ce qu’Eckhart Tolle indique dès le premier chapitre de son oeuvre. D’après lui, nous nous créons en fonction de notre mental, or une dissociation entre ce que nous sommes et ce que nous pensons est nécessaire afin d’accéder à notre véritable essence. Le mental est un lot de constructions. De lui proviennent nos illusions de la réalité, c’est-à-dire notre lot d’apprentissage, de jugements appris, assimilés et/ou choisis depuis notre plus jeune âge. Interprétations, définitions, étiquettes posées sur les gens et objets… le mental domine nos agissements quotidiens et notre rapport à soi et autrui.

« Le mental est un magnifique outil si l'on s'en sert à bon escient. Dans le cas contraire, il devient très destructeur. Plus précisément, ce n'est pas tant que vous utilisez mal votre « mental » ; c'est plutôt qu'en général vous ne vous en servez pas du tout, car c'est lui qui se sert de vous. Et c'est cela la maladie, puisque vous croyez être votre mental. C'est cela l'illusion. L'outil a pris possession de vous. »

Conformément à l’écrivain, l’illumination correspond à retrouver notre vraie nature, notre richesse intérieure. Cette voie ardue demande à se défaire de notre pensée qui serait le réel obstacle entre nous et nous-mêmes. Pour s’abstraire de celle-ci, il faudrait ne pas s’y identifier, ne pas s’y accrocher. En d’autres termes : pour chasser ses pensées, il ne faut pas leur courir après. Les laisser passer sans analyser, ou juger ce que votre mental vous dit est la solution la plus adéquate

2) Savoir être « au présent ».

Notre esprit est tourmenté par trop de pensées qui se fixent sur le passé ou le futur. Ces zones temporelles n’existent pas. Il n’y a que le présent que l’on possède réellement. Par le retour en arrière ou la projection du mental se génèrent des sentiments d’anxiété, stress et inquiétudes de ce qui devrait être; ou de regret, amertume, ou mélancolie de ce qui a été.

Pour se reconnecter au présent, quelques méthodes sont efficaces. La méditation par exemple aide dans sa pratique à le faire par la respiration : Inspirer le présent, et expirer le passé demande à prendre chaque bouffée d’air comme un cadeau et vous redirige dans l’instant présent. Vous pouvez également vivre pleinement vos actions quotidiennes : lorsque vous vous lavez les mains, concentrez-vous sur la sensation de vos deux mains qui se touchent, du contact de l’eau sur votre peau, des bruits, l’odeur du savon… En somme, éveillez vos sens. En le faisant vous réaliserez peut-être qu’à ce moment, vous ne pensez à rien d’autre qu’à ce que vous êtes en train de faire. Et c’est gagné.

« Rien ne s'est jamais produit dans le passé : cela s'est produit dans le présent. Rien ne se produira jamais dans le futur : cela se produira dans le présent. Ce que vous considérez comme le passé est le souvenir d'un ancien moment présent mis en mémoire dans l'esprit. Lorsque vous vous souvenez du passé, vous ravivez une mémoire. C'est ce que vous faites maintenant. Le futur est un présent imaginé, une projection du mental. Quand le futur arrive, c'est sous la forme du présent. »

3) Éliminer la souffrance inutile

La souffrance n’est pas obligatoire, et elle n’est pas non plus faite pour durer. En réalité, Eckhart Tolle nous explique que la souffrance est une accumulation d’énergies négatives qui nous habitent lorsque nous refusons d’accepter le présent tel qu’il est.

«Ou que vous soyez, soyez-y totalement. Si vous trouvez votre ici et maintenant intolérable et qu’il vous rend malheureux, trois choix s’offrent à vous : vous retirer de la situation, la changer, ou l’accepter totalement. Si vous voulez assumer la responsabilité de votre vie, vous devez choisir l’une de ces trois options et tout de suite. Puis acceptez-en les conséquences, sans excuses».

Cependant, attention aux contre-sens! Éliminer la souffrance de son quotidien ne signifie pas de s’empêcher de ressentir nos émotions. Le mot émotion vient du latin « motio » signifiant « mouvement ». Elles sont des réactions de votre mental et naissent à la rencontre entre celui-ci et votre corps. Les pensées peuvent vous mentir, l’égo aussi, mais les émotions ne le peuvent. La réaction de votre corps est la traduction parfaite et authentique de ce que vous ressentez réellement. Nombreux sont ceux à confondre ressentir et souffrir. Expérimenter la joie, la tristesse, la colère, la gratitude, la déception et tout le large panel de ressentis est fondamentalement naturel et nécéssaire pour tout développement personnel. Le danger pour vous survient lorsque ces émotions sont stockées et accumulées. Vous devenez ainsi une vraie bombe à retardement… Ainsi, n’ayez pas peur d’écouter vos émotions et de vous demander « Que se passe t-il en moi? ».