Le peintre Obou Gbais et ses belles laides

Du beau qui se cache derrière la laideur des caricatures

Le peintre Obou Gbais et ses belles laides

© Le journal de Jackie

David DOLEGBE
Écrit par David DOLEGBE
Publié le 08 août 2018 à 11h21

Du beau qui se cache derrière la laideur des caricatures

C’est une importante exposition dans la carrière du jeune Obou Gbais. Il expose ses plus belles œuvres actuelles à la Rotonde des Arts, un important établissement situé au centre des Affaires d’Abidjan. L’artiste-peintre discute avec de nombreux invités et répond surtout aux interrogations qui suscitent face à ses beaux tableaux, mais bien plus à cause de ses caricatures des femmes de son quotidien.

Des dessins de femmes aux formes bien arrondies et qui ne sont pas loin d’être “moches”. Le tout, avec des couleurs chaudes et un effet palpitant qui se dégage au regard de ses toiles. Son style, c’est le Braid Art comme il aime appeler. Une représentation du beau qui se cache derrière le laid. Obou est très attaché à la culture de son terroir. On peut le remarquer dans un détail qu’il dessine sur la joue de ses belles laides. Un maquillage traditionnel qu’on retrouve chez le peuple Yacouba à l’ouest de la Côte d’Ivoire. Faisons un focus sur 3 œuvres coups de cœur, parmi les toiles du jeune artiste.

Les demoiselles d’Abidjan et Complicité

Ces tableaux sont les grandes attractions de la collection d’Obou. L’un est probablement inspiré de Pablo Picasso avec son œuvre "Les demoiselles d’Avignon," comme le nom l’indique et l’autre de la vie quotidienne de l'artiste.

Une même nudité représentée dans un contexte différent. Les demoiselles d’Abidjan ont des formes généreuses et représentées fièrement la beauté de la femme africaine. Leur posture, qui peut évoquer la solidarité, est une des valeurs qui tolère le visage manant de ces jeunes filles caricaturées.

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Les demoiselles d'Abidjan - © David

Le Polygame

Obou est aussi un artiste engagé. On se rappelle tous de sa représentation faites pour soutenir les déguerpis de Cocody Danga à Abidjan. Il lance très souvent des messages à travers ses toiles. Celle-ci cette conçue avec un mélange de peinture et collages. Elle s’inspire de la vie de cet artiste qui nous confiait avoir grandi dans une famille polygame :« J’ai un esprit ouvert à la Polygamie (…) mon Père a 2 femmes, mais la famille s’est toujours très bien entendu. » m’a t-il confié.

C’est clair, on y comprend qu’avec lui, l’art est comme une thérapie personnelle. Raison pour laquelle l’exposition – dans les cimaises dans cette galerie jusqu’au 2 septembre 2018 - a pour thème : redonner un sens à la vie.

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