Kamissa : la tragique leçon à tirer pour la jeunesse

Tragique !

Kamissa, un film de Guy Kalou
David DOLEGBE
Écrit par David DOLEGBE
Publié le 21 septembre 2018 à 15h19

Tragique !

C’est triste de penser qu’une vie peut passer à trépas à 15 ans. Dans la fleur de l’âge et de l’adolescence, au moment où la vie nous ouvre ses portes pour un futur prometteur. Hélas ! Il y a certaines situations de la vie qui nous font passer d’un sourire partagé avec un être qu’on pense aimer à une tragédie. Et ce, à cause de l’ignorance et l’irresponsabilité des acteurs de notre société moderne. C’est en résumé la triste et tragique histoire qui se cache derrière cette sulfureuse production filmographique, un film réalisé par l’ivoirien Guy Kalou. Le scénario est resté proche du roman écrit par Victoire Kalou, la compagne du réalisateur et la même ressource reste l’histoire de Kamissa.

Kamissa est une jeune belle adolescente. Elle est intelligente et a un esprit ouvert à la nature qui l’entoure. La jeune fille de 15 ans, née dans une famille bourgeoise, est prédestinée à un avenir brillant. Malgré la perte de sa mère, à l’âge de 12 ans, Kamissa qui est en Seconde C, est tableau d’honneur depuis la classe de Sixième. Son père, Pokou, effondré par le décès de sa femme, se réfugie dans son boulot d’auditeur financier, au point de négliger l’éducation de sa fille. Kamissa s’éduque toute seule. Poussée par la recherche du réconfort paternel Kamissa va emprunter le chemin de la tragédie. La vie de la jeune collégienne va basculer suite à une expérience amoureuse et charnelle avec Franck Boigny.

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Kamissa pose les problèmes sur la table et les met à nu. Les questions les plus abordées sont l’insouciance de l’adolescence, la démission parentale, l’irresponsabilité au niveau de l’encadrement du système éducatif et l’ignorance de la sexualité chez les adolescents. L’éducation sexuelle des jeunes, c’est en effet le combat de M. Lamine, un éducateur rigoureux et paternel qui a fait de cette cause, son cheval de bataille. Il incarne d’ailleurs les solutions que le film propose pour tenter d’éradiquer ce fléau des salles de classe des lycées et collèges, par l’éducation à la sexualité.

Mais cette éducation part aussi de la maison. C’est ce que démontre le film, car les auteurs de grossesses sont souvent en dehors du système éducatif avec l’exemple du personnage de Gnépa Rose. Une autre collégienne de l’école de Kamissa qui tombe enceinte d’un chauffeur de taxi. Celui-ci diminuait les peines de la jeune fille qui devait marcher des kilomètres pour aller au marché chaque jour pendant ses vacances. Grâce au film, tous les acteurs de l’éducation sont interpellés : élèves, parents, structure étatique.

Regarder Kamissa, c’est surtout s’engager pour la lutte de la refonte des relations entre les parents et leurs filles. Il s’agit aussi de briser le tabou du sujet de la sexualité en famille. C’est à cela que Kamissa nous invite tous.

A la rédaction nous avions particulièrement été saisis par la puissance du dramatique qui est mise en avant dans ce film. Il n’en fallait pas moins ; car ce phénomène qui est parfois négligé, est pourtant morbide. En 1h45 Kamissa nous tire, nous déchire, nous engage et nous conduit vers des chemins de questionnements. Nous restons convaincus que Kamissa est un film qui devrait être vu par tous ses adolescents dans les écoles.  

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