Jimmy goes to Nollywood : rencontre avec Jimmy Jean-Louis

Entre Hollywood à Nollywood

Jimmy goes to Nollywood : rencontre avec Jimmy Jean-Louis

© presse

Écrit par ELLE.CI
Publié le 04 septembre 2018 à 08h48

Entre Hollywood à Nollywood

Jimmy Jean-Louis est un acteur de talent qui a plus de 18 ans de carrière dans le cinéma. L'acteur révélé par les films Point d'impact (2002) et les larmes du Soleil (2003) diffusera ce mercredi 05 septembre au Cinéma Majestic Ivoire son premier documentaire, Jimmy Goes to Nollywood, dans lequel il dévoile les coulisses et réalités du cinéma Nigérian. Interview.

Vous êtes haïtien, donc de la diaspora africaine, est-ce que vous savez de quel pays africain vous venez à l'origine ?

En 2008, j'ai fait un test avec ancestry.com qui a localisé mes origines en Afrique de l'Ouest notamment en Sierra Leone et au Nigeria.

Vous avez été danseur, mannequin, vous êtes un acteur, Comment vous est venu l'idée de réaliser un documentaire sur Nollywood ?

Je fus danseur [rires]. C'est un parcours classique qui m'a fait arriver jusque là. Bien sûr, j'ai commencé par la danse à Paris et à Barcelone. J'ai fait un de peu de mannequinat en Italie, en France et en Angleterre pendant quelques années. Et après le cinéma, à Los Angeles. C'est le cinéma qui m'a fait revenir en Afrique où j'ai commencé à côtoyer le cinéma Nigérian et Ghanéen. Nollywood prenait beaucoup de place dans le monde mais on ne se rendait pas vraiment compte ce que ça représentait. De là, j'ai eu l'idée de faire "Jimmy Goes To Nollywood" en me servant de mon titre de maître de cérémonies de l'AMAA [ndlr : Africa Movie Academy Awards] et j'ai pu plonger dans ce monde.

« [...] le cinéma Africain est le futur du cinéma qu'on le veuille ou non. »

Qu'est-ce qui a donné de l'élan à "Jimmy Goes to Nollywood" ?

Il y a 10 ans, je me suis rendu à Lagos pour faire la première du film Phat Girlz avec Mo'Nique. J'y ai rencontré un univers complètement fou. Les films n'étaient pas nécessairement de bonne qualité mais on a senti qu'il y avait quelque chose qui vibrait. Et je côtoie le cinéma Nollywoodien. J'ai tourné dans des films Nigérians comme Relentless, The CEO avec Aurélie Eliam, Esohe. Quelques années plus tard, j'ai eu envie de mettre la lumière sur Nollywood parce que je suis convaincu que le cinéma Africain est le futur du cinéma qu'on le veuille ou non. Le cinéma américain a exploré tous le sujets possibles et inimaginables sauf que le continent Africain ne s'est pas encore exprimé dans le cinéma.

Qu'est-ce qui vous a le plus surpris sur les plateaux de tournage Nigérians ?

[rires] C'est de la rigolade ! C'est très intéressant parce qu'on fait avec les moyens du bord et on essaie d'être le plus artistique possible. Ils sont complètement décomplexés. Quand on est décomplexé, on fait les choses les plus folles sans même s'en rendre compte ! C'est aussi ça le cinéma de Nollywood, on se dit un jour "on va tourner une scène d'avion" sans en avoir les moyens et ils le font. A l'arrivée les gens vont voir le film et être contents alors pourquoi pas ?! [rires]. Dans le documentaire [ndlr : Jimmy Goes to Nollywood], je suis un œil qui prend les images sans juger avec un côté humoristique pour alléger le sujet.

« La Côte d'Ivoire a le potentiel pour devenir le pays phare du cinéma Africain francophone. »

Il y a donc un gros gap entre Hollywood et Nollywood ?

Oui, mais c’est un gap qui se rétrécit ! Je vois une énorme différence entre le Nollywood de 10 ans et celui d'aujourd'hui. Hollywood n'a pas commencé en un claquement de doigts. Il suffit de regarder les films Hollywoodiens des années 30 pour comprendre. Pour toute chose, il y a un début. C'est ce qui m'a donné envie de faire un crochet sur le cinéma ivoirien. Il faut se donner de l'élan pour arriver à quelque chose et c'est pour ça que j'appuie ce cinéma ivoirien. La Côte d'Ivoire a le potentiel pour devenir le pays phare du cinéma Africain francophone.

Vous avez confié récemment être à Abidjan pour tourner le film Desrances. Pouvez-nous nous en dire un peu plus ?

 
Oui bien sûr, Desrances est un film réalisé par Appoline Traoré [ndlr : réalisatrice de Frontières et Moi Zaphira !]. J'y joue aux côtés d'acteurs ivoiriens comme Bienvenue Neba, Mike Danon, Alexandra Amon. J'interprète le personnage principal Francis Desrances, l’histoire d’un père qui traverse avec sa famille une phase difficile avec comme toile de fond la crise politique de 2010-2011. Pendant plusieurs années, Francis Desrances et sa femme se sont battus pour avoir un deuxième enfant. Sa femme tombe enceinte sauf que la grossesse se déroulera pendant la crise politique. La famille Desrances se rencontre engloutie dans des problèmes plus grands qu'eux. Vous découvrirez comment ils arrivent à s'en sortir au quotidien. C'est une sèche réalité de ce qui s'est passé pendant cette période. C'est poignant. Les spectateurs vont sûrement se remémorer cette période mais on en a besoin pour continuer à avancer.

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Vos projets semblent plus tournés vers le continent Africain. Pourquoi ?

J'ai toujours eu un lien avec le continent Africain. J'ai vécu en Afrique du Sud pendant ma carrière de mannequin. J'ai tourné au Nigeria, au Ghana et en Côte d'Ivoire. Dans ma philosophie en tant qu'acteur, chaque année je fais un projet sur plusieurs continents dont l'Afrique.

Quels sont les films Nollywoodiens que vous conseilleriez à nos lectrices ?

Je recommanderais les films du réalisateur Kunle Afolayan comme Phone Swap, The Figurine. Il y a aussi "Confusion Na wa" ! C'est une bonne comédie très bien faite avec OC Ukeje, un jeune acteur prometteur. Je pourrais vous conseiller pas mal de films mais c'est à la Nollywood Week qu'on trouve les meilleurs films de Nollywood. Chaque année, le public est amené à y découvrir les meilleurs films que Nollywood produit.

Jimmy Goes to Nollywood
Projection spéciale le mercredi 5 septembre 2018 à 18H
au cinéma Majestic Ivoire
Prix ticket (accessible via la billetterie du Majestic)  : 10 000 FCFA
Jimmy Goes To Nollywood

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