Hawa Boussim, l'interview culture d'une voix énergique

Une voix qui porte

Hawa Boussim, l'interview culture d'une voix énergique

©Sony Music Entertainment

Écrit par ELLE.CI
Publié le 16 juin 2017 à 16h31

Une voix qui porte

Révélée en 2014 sur la scène burkinabé avec le titre « Môbidoré », Hawa Boussim revient avec le single "Koregore" qui mêle sonorités traditionnelles et électro. Découvrez le parcours de cette femme à la voix énergique !

D'où vous vient cette passion pour la musique ?

Alors, la passion pour la musique je peux dire qu'elle me vient de ma mère. Ma mère avait chanté un peu, je l’observais chanter et moi, j’aimais danser aux mélodies de la guitare traditionnelle. Á l’âge de 14 ans, j’ai commencé à m’essayer au chant et à la danse au village.

Votre mère a t-elle influencé vos chansons ?

Ma mère a un peu chanté mais cela n’influence pas mes chansons parce que ses rythmes ne sont pas les mêmes.

Quelles sont vos influences musicales ?

Mes chansons sont les faits de nos sociétés, l’environnement dans lequel je vis et je me dis que nous vivons presque la même chose. Mes influences viennent de la vie quotidienne.

Comment est né le concept de votre album ?

Le concept de mon album est né de « Djéka », la danse bissa.

Pourquoi mélanger des rythmes électro à la musique traditionnelle en langue Bissa dans votre dernier album ?

Ce mélange, parce que je faisais des tournées dans les villages avec la guitare traditionnelle appelée « Kundé » ; des tam-tams ; de la calebasse. Quand je suis venue au studio pour l’enregistrement de mon premier album, l’arrangeur a écouté et a trouvé que cet apport électro pouvait ouvrir ma musique au reste du monde.

Que raconte la chanson interprétée en Bissa "Koregore" ?

Dans la chanson Koregore, je raconte la vie d’une jeune mariée, à qui les parents de son mari lui reprochent de gaspiller les céréales qui servent à nourrir la famille. Or, dans le milieu rural et notamment chez les Bissa, les tâches ménagères reviennent à la jeune mariée. Cette belle-fille qui ne veut pas entendre ces reproches, demande sa calebasse pour retourner chez ses parents.

« Lorsqu’un sujet de société me touche, je commence par réfléchir comment transformer cela en chanson pour dénoncer et proposer ma solution. »

Qu'est-ce qui vous inspire dans l'écriture de vos chansons ?

(Rires) Je ne suis pas allée à l’école par conséquent mes chansons ne sont pas écrites. Mais lorsqu’un sujet de société me touche, je commence par réfléchir comment transformer cela en chanson pour dénoncer et proposer ma solution.

Au cours de votre carrière, quelle a été la plus grande difficulté à laquelle vous avez été confrontée ?

La plus grande difficulté a été à l'enregistrement de mon premier album. J'étais confrontée à un problème de moyens. J’ai monté un arbre fruitier, le néré, pour y cueillir les graines afin de pouvoir payer mon album. J’étais tombée de l’arbre et mon bras, fracturé !

Comment s'est passée votre collaboration avec l'arrangeur et artiste David Tayorault ?

Une très bonne collaboration, un grand monsieur et plein de talent qui connait son travail. Nous avons travaillé dans une bonne ambiance.

Vous avez une voix qui porte, comment faites-vous pour la "préserver" ?

C’est Dieu qui m’a donné cette voix et c’est lui qui me permet de la préserver sinon je ne fais rien de particulier.

Quelle est le morceau que vous écoutez en boucle en ce moment ?

Le titre à venir « hme yé » qui signifie « qu’il en soit ainsi », un titre où je trouve une fois de plus que Sony Music Entertainment Côte d’Ivoire, a fait du bon travail.

Á quels artistes vous identifiez-vous le plus ?

J’aime beaucoup d’artistes d’ici et d’ailleurs mais on m’identifie a beaucoup d’artistes africains…