Féminisme : Une université forme des experts en “Beyonce”

Sacré Queen B !

Féminisme :  Une université forme des experts en “Beyonce”

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Lafalaise Dion
Écrit par Lafalaise Dion
Publié le 19 septembre 2017 à 19h48

Sacré Queen B !

Bonne nouvelle pour les Behive, cette année Beyoncé est au programme des cours de l’université d’arts et de la culture de l’université de Copenhague. Le cours sera enseigné par le spécialiste de l’opéra, le musicologue norvégien Erik Steinskog, qui enseigne depuis huit ans au sein de ladite université.

Module prévu au départ pour quarante élèves a débuté finalement avec 75 étudiants.

Un fait étonnant pour l'enseignant Erik Steinskog qui pensait pourtant que l’intitulé,

« Beyoncé : genre et race », n’aurait pu intéresser un grand nombre de personnes.

Un cours en deux grands axes

Pendant la première partie, les étudiants analyseront les vidéos et performances live de la chanteuse et la seconde sera consacrée à l’étude des théories du Black feminism. « Plus que former des experts en Beyoncé, l’objectif est de préparer les étudiants, dont beaucoup vont enseigner ensuite, à analyser le monde dans lequel ils vivent, en comprenant ce qu’est la plus grande pop star du moment. »

Elle met au défi « un féminisme qu’on pensait universel, mais qui ne serait peut-être qu’un phénomène blanc, eurocentrique. C’est une boussole qui montre vers où va la musique pop. Il y a peut-être un son commercial, mais elle est en pointe, quand elle puise dans différentes sous-cultures, pour s’adresser à un public mainstream. » explique Erik Steinskog.

Pour lui, l’album Lemonade est un chef-d’œuvre en raison de sa multidimensionnalité : « La dimension régionaliste, avec le sud des Etats-Unis, les questions de genre, la sexualité, le racisme, avec le mouvement Black Lives Matter et avec les policiers qui tuent de jeunes Noirs, l’ouragan Katrina et sa dimension géopolitique… »

Queen B bouscule les codes

Le travail de la chanteuse prend encore plus de sens lorsqu’il est observé à la loupe du Black feminism et de l’intersectionnalité (concept qui désigne la confluence de plusieurs types de discrimination). Queen B change de rôles, bouscule les codes, met au défi « un féminisme qu’on pensait universel, mais qui, finalement, ne serait peut-être qu’un phénomène blanc, eurocentrique, ne parlant qu’aux classes moyennes ».

Au-delà des ouvrages, écrits la plupart du temps par des hommes blancs, Erik Steinskog veut élargir les perspectives : il propose des textes quasi exclusivement rédigés par des femmes de couleur, dont la lecture a « déstabilisé profondément sa vision du monde ». Il publiera, fin octobre, un ouvrage consacré à la musique afro-futuriste, entre mythologie et science-fiction, qui s’interroge sur l’avenir du peuple noir.

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