Zelda Wynn Valdes, la première styliste qui a su épouser les courbes féminines

Un nom à connaître

Zelda Wynn Valdes, la première styliste qui a su épouser les courbes féminines

©DR

Ophélie Farissier
Écrit par Ophélie
Publié le 13 juillet 2018 à 09h26

Un nom à connaître

Le nom ne vous dit peut-être pas grand-chose pourtant Zelda Wynn Valdes est derrière des looks iconiques de femmes célèbres du 20ème siècle. Au cours de sa carrière, elle a habillé Ella Fitzgerald ou Joséphine Baker. Elle est aussi à l’origine du costume emblématique de Playboy pour les Bunnies, sur demande personnelle du fondateur, Hugh Hefner.

Des oreilles de lapins, un corset qui sublimifie la poitrine et une queue de lapin en coton : le symbole est né. Zelda prend place dans le monde artistique et devient si prisée qu’elle ouvre son magasin Chez Zelda en 1948 sur Broadway, Manhattan, elle est alors la première personne noire à ouvrir un magasin dans cette rue.  

playboy-bunnies 2

© DR

Son histoire débute dans les années 1900 à Chambersburg aux États-Unis. Une petite fille au nom de Zelda Wynn Valdes avait l’habitude de créer des habits pour ses poupées. Les années passent, elle grandit et ne perd pas cette fibre créatrice autour des vêtements, au contraire, ses créations prennent des tailles humaines. Un jour, elle propose à sa grand-mère de lui coudre une robe, celle-ci lui répond, « Daughter, you can’t sew for me. I’m too tall and too big », (ma fille, tu ne peux pas. Je suis trop grande et trop grosse, ndlr.)

Un défi que s’est lancé alors Zelda, qui en a fait sa marque de fabrique. La jeune femme comprend comment mettre en valeur les courbes féminines au lieu de les cacher, ce qui se faisait à cette époque. Le sexy mais sophistiqué est prôné, les robes élégantes épousent les formes généreuses des femmes.

joyce bryant

© DR

La chanteuse de cabaret Joyce Bryant a accentuée sa notoriété sur les conseils de Zelda en proposant une image glamour et sensuelle. Les robes étaient si serrées que parfois la chanteuse ne pouvait même pas s'asseoir. Un léger prix à payer, récompensé par le surnom de « black Marilyn Monroe » ou encore de « bronze blond bombshell ».

De 1905 jusqu’à son décès en 2001, Zelda n’a fait que fortifier son empire. A l’âge de 65 ans, elle est approchée par Arthur Mitchell, le premier danseur principal noir à se produire au Ballet de New York. On compte plus de 80 costumes dessinés pour la troupe des danseurs de Harlem, révolutionnant l’aspect du ballet aux traditionnels collants roses.

Zelda_Arthur_Mitchell

© DR

L’héritage de Mrs Valdes

Par sa notoriété et son influence, elle fait de sa mission d’ouvrir la voie aux designers mode noirs de son époque. Dans une société où l’industrie blanche est prédominante, elle fait face à la discrimination et devient la leader de l’association nationale des créateurs de mode et d’accessoires, qui a pour but de promouvoir les créateurs de couleur noire. L’accès au trône de Alexander Wang ou encore Virgil Abloh s’est fait par tout le travail en amont de Zelda Wynn Valdes, mais vous savez ce que l’on dit, derrière chaque grand homme se cache une grande femme.

LIRE AUSSI >> Femmes à suivre : Angélique Kidjo, la voix du continent