#MeToo, Virgil Abloh...Karl Lagerfeld parle sans filtres

#NoFilter

#MeToo, Virgil Abloh...Karl Lagerfeld parle sans filtres

© Abaca

Écrit par ELLE.CI
Publié le 17 avril 2018 à 13h23

#NoFilter

Karl Lagerfeld a accordé une interview à Número magazine. Sans langue de bois, le directeur artistique de la maison Chanel dit ce qu'il pense du mouvement #MeToo, de Virgil Abloh, le défunt Azzedine Alaïa. Voici les extraits sans filtre de la récente interview de Karl Lagerfeld.

Sur #MeToo et #BalanceTonPorc

« J’ai lu quelque part qu’il fallait maintenant demander aux mannequins si elles étaient à l’aise lorsqu’elles posaient.[...] Une fille se plaint qu’il lui a tiré sur la culotte et il se fait aussitôt excommunier par une profession qui jusque-là le vénérait. C'est fou. Si vous ne voulez pas qu’on vous tire sur la culotte, ne devenez pas mannequin ! Rejoignez un couvent, il y aura toujours une place pour vous. »

« J’en ai ras-le-bol. Et puis je ne mange pas de porc. Ce qui me choque, c’est que toutes ces stars ont mis vingt ans à se rappeler les événements. Sans parler du fait qu’il n’y a aucun témoin à charge. Cela dit, M. Weinstein, je le déteste. J’ai eu un problème avec lui à l’amfAR… Non, ce n’était pas d’ordre sexuel, mais plutôt professionnel. Je vous épargnerai les détails, mais il n’est pas un homme de parole. »

Sur le burn-out de créateurs de mode

« Personnellement, je ne me plains pas. Et c’est exactement pour cette raison que tous les autres designers me détestent. Tout ce qui les intéresse, ce sont leurs fichues “inspirations”, ils peuvent passer une heure à placer un bouton ou à choisir des croquis dessinés par leurs assistants, ce qui ne m'irait pas du tout. Moi, je suis une machine. Quand vous pilotez un business d'un milliard de dollars, vous devez gardez le cap. Et si ça ne vous convient pas, alors retournez dans votre chambre. »

LIRE AUSSI >> Virgil Abloh nommé directeur artistique Homme chez Louis Vuitton

Sur Jacquemus, Virgil Abloh et Jonathan Anderson

Quand on lui demande ce qu'il pense de ces trois créateurs, il préfère répondre : « les créateurs que je préfère sont, dans le désordre, Marine Serre – 1,50 m, mais une volonté de fer –, Jacquemus, qui me fait rire… et qui est fort joli, en plus. Il est marrant, oui. Et pour finir, J.W. Anderson, même si son discours est parfois un peu trop intellectuel – sans doute n’ai-je pas fait les études qu’il fallait ».

A la question « si vous deviez être sur une île déserte avec Jacquemus, Virgil Abloh et Jonathan Anderson, lequel choisiriez-vous ? », il répond « d'abord, je me suiciderai.»

Azzedine Alaïa

« Je n'ai rien à lui reprocher même si à la fin de sa carrière, il ne faisait que créer des chaussures de ballet pour des fashion victimes ménopausées.»

Rétrospective : Azzedine Alaïa et ses plus belles créations