Lulu Mutuli, entretien avec la créatrice du label mode Amilo

Interview mode avec Lulu Mutuli

Lulu Mutuli, entretien avec la créatrice du label mode Amilo

© Heineken aif 2017

jessica brou
Écrit par Jessica
Publié le 08 novembre 2017 à 11h33

Interview mode avec Lulu Mutuli

Originaire du Kenya, Lulu Mutuli est une créatrice qui a étudié le stylisme au Savannah College of Art and Design en Géorgie (États-Unis). Après l'obtention de son diplôme, elle rentre au Kenya pour créer son label 'AMILO'. Elle a récemment co-remporté le challenge Africa Inspired Fashion et a présenté ses créations pour la marque Heineken à La Lagos Fashion Week 2017. Entretien avec Lulu Mutuli.

Vous êtes une des gagnantes du challenge 'Africa Inspired Fashion 2017'. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vous ? D'où vous vient votre passion pour la mode ?

Je m'appelle Lulu Mutuli et j'ai 24 ans. Je suis une créatrice émergente originaire du Kenya. Ma passion pour la mode est une véritable extension de ma personnalité, la manière dont je l'exprime et ma façon de me révéler au monde. Je suis aussi inspirée par le sous-cultures à travers l'Afrique et aime utiliser la mode pour raconter ce que l'Afrique est au monde entier. 

« Amilo est au départ le surnom de ma mère qui est pour moi une femme forte qui fait tomber les barrières, et j'espère que cela boostera la confiance du client. »

Pouvez-vous nous parler de votre label mode 'Amilo' ?

Ma marque AMILO est toute nouvelle, je vais bientôt la lancer officiellement mais à cause du climat politique, cette année n'a pas été le bon moment pour lancer mon entreprise. Amilo est au départ le surnom de ma mère qui est pour moi une femme forte qui fait tomber les barrières, et j'espère que cela boostera la confiance du client. La marque vise à utiliser l'impression numérique comme un outil pour jouer avec des textures traditionnelles et naturelles associées aux textiles « africains ». Pour l'instant, le fil conducteur de mon esthétique est d'incorporer la technologie d'une manière ou d'une autre dans mon process et dans mon esthétique.

Qu'est-ce que vous avez le plus apprécié pendant le concours ?

J'ai aimé l'adrénaline. Il y avait un délai court pour faire le projet, mais c'était plus que réussi et, avec du recul, c'était vraiment ce qui m'a aidé à stimuler ma créativité. La possibilité de relever le défi dans un espace créatif avec des collègues de l'industrie était aussi très amusante, elle rappelait mon temps à l'école d'art.

Qu'est-ce qui vous a inspiré pendant le challenge ?

Pour le challenge, je me suis inspirée de l'étoile rouge d'Heineken. Pendant l'atelier, l'équipe de Heineken nous a parlé de la marque, de ses valeurs et de son histoire. Pour moi, l'histoire qui est ressortie est celle de l'étoile rouge qui symbolise un ange gardien veillant sur le processus de brassage [ndlr : dans les années 1800, cette étoile rouge était peinte sur chaque brasserie car elles ne comprenaient pas le processus de fermentation à l'époque]. Je l'ai incorporée dans mes créations en faisant des hôtes et hôtesses d'accueil les 'anges gardien' de la soirée.

Comment avez-vous réussi à incorporer les codes visuels d'Heineken tout en conservant votre propre style ?

Avec Heineken, les principales choses à retenir étaient les couleurs et le symbole de l'étoile qui rappellent vraiment la marque. J'ai incorporé une partie de mon esthétique par exemple dans l'impression en recréant une carte mère, mais en utilisant des méthodes d'impression en bloc pour la texture, et en la manipulant dans une étoile. C'était également utile de savoir qu'ils avaient fait dans le passé, pour créer un lien entre ce qui a été fait avant et maintenant.

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« C'est aussi intéressant de comparer l'esthétique venant de différents coins de l'Afrique parce que chaque créateur a une inspiration différente en fonction de ses origines. »

Vous avez eu l'opportunité de montrer vos créations à la Lagos fashion week 2017 grâce au challenge 'Africa Inspired Fashion. En tant que créatrice, qu'est-ce que cela vous apporte ?

La Lagos fashion week a indéniablement gagné en popularité au fil des ans, maintenant plus que jamais, elle donne beaucoup de visibilité aux créateurs et une plateforme qui attire l'attention des médias de mode internationaux. C'est aussi intéressant de comparer l'esthétique venant de différents coins de l'Afrique parce que chaque créateur a une inspiration différente en fonction de ses origines. La Lagos Fashion Week est le melting pot parfait de la culture, surtout quand il s'agit de la mode africaine contemporaine.

Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour le futur ?

Vous me verrez bientôt lancer ma marque. Je suis très inspirée de raconter des histoires de différents endroits en Afrique avec ma mode, alors le prochain projet, je l'espère, m'emmènera à Dakar pour assister à 'La Lutte'. Le concept est de voyager dans un nouveau pays en Afrique pour encourager l'exploration de mon continent et collaborer avec des artisans locaux de chaque endroit pour des collections exclusives à chaque fois. J'espère aussi me lancer dans la mode masculine car il y a de plus en plus d'intérêt.

Comment voyez-vous Amilo dans cinq ans ?

Dans cinq ans, je vois AMILO vendre en ligne pour atteindre plus de monde. J'espère faire des partenariats et des collaborations avec divers artistes alors il faut s'attendre à voir avec moi un portfolio diversifié. Au fur et à mesure qu'AMILO grandit, je voudrais m'intéresser un peu plus aux textiles, alors il y aura plus l'accent sur les imprimés et le traitement des tissus. Il est toujours temps d'expérimenter et jouer avec la fabrication.