Le luxe en Afrique : 8 questions à Coralie Omgba

Le luxe en Afrique 

Le luxe en Afrique : 8 questions à Coralie Omgba

© Magnates Place

jessica brou
Écrit par Jessica
Publié le 29 Juin 2018 à 12h21

Le luxe en Afrique 

Coralie Omgba s'est frottée au luxe dès ses premières expériences professionnelles. A la fin de ses études de marketing, elle entre dans le secteur de la banque encouragée par sa famille. Née à Paris, depuis 9 ans, Coralie Omgba est installée en Suisse un des pays leaders de produits de luxe. Amoureuse de l’horlo-joaillerie et l’univers des vins et spiritueux, toujours à la recherche d'expériences uniques, elle a lancé Magnates Place, plateforme à travers laquelle elle véhicule sa vision du luxe. Échange avec Coralie Omgba.

Comment votre parcours vous a amenée dans le secteur du luxe ?

J'ai toujours gardé un fort lien avec le luxe. J'ai travaillé dans le secteur de la banque privée en Suisse qui consiste à répondre aux besoins et attentes spécifiques, sur mesure d’une clientèle particulière. Ce domaine qui demande de la rigueur et de la discrétion est une branche de l’ultra-luxe.

Pourquoi avoir créé Magnates Place ?

La création de ma plateforme Magnates Place part d'une rencontre avec une personne originaire du Nigeria qui m'a incitée à redécouvrir le continent. Je suis arrivée au Ghana où j'ai assisté à l'ouverture de l’hôtel Kempinski à Accra entre autres. J'ai été impressionnée par ce que j'ai vu au Ghana ! A mon retour, j'ai voulu partager ma vision en m’aidant de mon expérience analytique, mes passions et mon goût prononcé pour la géo-économie.

« Le véritable luxe n'est pas dans la possession,

Mais bien dans les expériences uniques […] »

Kempiski Accra

Kempiski Accra

Quelle est votre vision du luxe ?

Le luxe n'est pas dans la possession mais bien dans les expériences uniques avec des personnes exceptionnelles, lorsque l’on possède déjà tout. Sur ma plateforme, je montre des tranches de vie à travers des articles illustrés de photos. Ma définition du luxe est sensorielle, émotionnelle et rare. Être acteur de son propre film et réaliser ses rêves !

En plus de créer des événements corporate sur mesure à dimension humaine. Je propose à une clientèle liée au continent africain et bien souvent issue du milieu des affaires, de vivre des Money can't buy experience avec des maisons prestigieuses. Une belle manière pour les marques et maisons de (re)découvrir l’Afrique dans une nouvelle ère. Ma vision s’inscrit dans le domaine de l’exclusivité et la confidentialité. Ce qui coûte le plus cher est le temps.

D'où vous vient cette passion pour le luxe ?

Elle vient de mes expériences d'hier et d'aujourd'hui ! Et puis, je l'ai toujours cultivée. Les expériences professionnelles et de la vie n'ont fait qu'accentuer les choses. Je suis subjuguée par la précision de l'artisanat, le pragmatisme à la suisse, par la finesse du détail et l’élégance à la française, par l’héritage antique du continent africain. Pour moi, c'était donc une évidence. Ainsi, j'ai décidée de partager mon univers à travers l’entreprenariat où je prône pour le slow luxury, qui consiste d’aborder le sujet avec sophistication et minimalisme.

Une approche plus authentique pour contempler le travail effectué sur un objet ou/et un univers auprès d’un public averti souhaitant combiner rencontres professionnelles et art de vivre dans le cadre d’une expérience lifestyle exclusive ; le new cool. Le luxe est un savoir-faire et un savoir-être. C'est comprendre ce qu'on consomme, approfondir et enrichir des connaissances pour davantage apprécier. Avoir la liberté de voyager, d’échanger et faire les bonnes rencontres.
C'est une transmission de savoir, une histoire d’éducation, de savoir-vivre. Le luxe est l’antithèse de l’étalage à outrance ou du logo ostentatoire.

Pouvez-vous nous expliquer l'objectif de votre plateforme Magnates Place et les actions que vous mettez en place à travers celle-ci ?

Mon objectif est de faire mettre en lumière le panache du continent africain au travers l’expansion du luxe global en plein développement en Afrique subsaharienne et partager ma vision du luxe avec une fenêtre grande ouverte sur le monde.

Quelles sont les marques Africaines émergentes dans le luxe ?

Je suis également très intéressée par les marques Africaines émergentes notamment en haute joaillerie, domaine auquel je suis émotionnellement attachée. Lors de la troisième édition sur le marché du luxe en Afrique subsaharienne que j’ai organisé en juin à Genève, nous avons beaucoup insisté sur l’éthique, une thématique très abordée dans l’industrie du luxe. Beaucoup de marques africaines prennent leur envol tout en étant soucieuses du bien-être du continent. Parmi elles, je compte Satta Matturi Fine Jewellery, une maison de fine joaillerie qui crée des choses splendides avec un code éthique tout en gardant le pragmatisme du milieu des affaires. Sa fondatrice Satta Matturi est une femme exceptionnelle qui vit entre le Botswana et Londres. Elle fait du clean business dans le sens où associer héritage, responsabilité corporate, qualité, authenticité, business est une combinaison possible, une ambassadrice du continent qui représente également la femme d’aujourd’hui c'est ce que j'apprécie chez elle.

Comment-voyez-vous le marché du luxe en Afrique ?

Il y aura vraiment un chassé-croisé entre les marques internationales et les marques locales. Le nouveau consommateur Africain est décomplexé, globe-trotter et ultra-connecté, en même temps est proche de ses racines. Les deux devraient composer ensemble, d'où l'émancipation du luxe Africain. Faut-il encore qu'il soit structuré ! Et que les défis socio-politico-économiques soient relevés ! Le marché existant qui se dessine sera ethno-globalisé. Les marques africaines de luxe partent à la conquête du contient et de la clientèle internationale. Le luxe africain et en Afrique s'inscrit sur une logique d’interconnexion à la fois régionale, continentale et mondiale. Beaucoup de marques et maisons internationales commencent à tourner véritablement leurs regards vers le continent. Le marché africain fait partie des prochains relais de croissance notamment dans l’industrie du luxe global, avec plus de 200.000 millionnaires africains en dollars attendus en 2025, le potentiel du continent est indéniable.

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