Moulaye Fanny, un amoureux de pâtisseries

Interview

Moulaye Fanny, un amoureux de pâtisseries
Estelle Essouma
Écrit par Estelle Essouma
Publié le 15 octobre 2018 à 15h16

Interview

D’Ingénieur en Système Ferroviaire à Pâtissier, une transition assez surprenante ! C’est l’histoire d’un jeune ivoirien passionné de pâtisserie dès son plus jeune âge, qui parvient à se faire un nom dans la horde des chefs pâtissiers de Paris. Ce jeune talent est aujourd’hui auteur de plusieurs créations sucrées qui associent à la fois technicité occidentale et saveurs africaines. Il nous a accordé de son temps pour nous parler de sa passion et d’un milieu en constante évolution.  Rencontre avec un épicurien de la pâtisserie, sympathique et   disponible

 

Tu es ingénieur ferroviaire, tu travailles dans un univers loin de la pâtisserie et du Blogging. Qu’est ce qui t’a décidé à partager tes créations sur les réseaux sociaux ?

En fait, au départ, j’ai été poussé à partager mes créations sur les réseaux sociaux par mes amis qui me demandaient chaque fois des recettes pour des gâteaux et plats divers. Plutôt que de leur répondre ainsi, l’idée m’est venue de créer une page personnelle sur les réseaux sociaux (toujours fonctionnelle), qui au fur et à mesure a eu grande audience. Le coup de chef, s’est produit lorsque pour mon anniversaire j’ai reçu comme cadeau, un blog qui m’a permis d’adapter mes créations à un format plus professionnel et plus  adapté à un blog. Le buzz sur les réseaux sociaux est parti de là.

 

« J’essaie à chaque fois sur les pâtisseries que je réalise de mêler la technicité occidentale de la pâtisserie avec les goûts locaux africains. »

 

Comment la Côte d’Ivoire influence-t-elle la pâtisserie ?

La Côte d’Ivoire influence mes pâtisseries par ses goûts. J’ai présenté ce dimanche 07 octobre  le  Abidjan-Paris, qui est une revisite du Paris- Brest. Le Paris-Brest qui est à la base noisette,  a été revisité avec la noix de cajou ivoirienne, avec à l’intérieur un crémeux à la clémentine, qui est aussi ivoirien. J’essaie à chaque fois sur les pâtisseries que je réalise de mêler la technicité occidentale de la pâtisserie avec les goûts locaux africains. Je teste et quand ça marche, ça marche ; quand ça ne marche pas, il faut encore faire d’autres ajustements et travailler sans cesse sur ces différentes recettes.

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Quelles sont les créations pâtissières dont tu es le plus fier ?

Sur le coup je dirais le Abidjan-Paris. Le Paris-Brest c’est l’un de mes préférés. J’adore tout ce qui est noix et noisettes. Et ça me tenait à cœur de revisiter cette pâtisserie à la couleur locale, je dirais à la sauce ivoirienne. J’ai d’abord pensé à la noix de cajou, à laquelle j’ai désiré associer par la suite une autre saveur sans dénaturer le gout de la noix de cajou, l’élément principal. J’ai donc opté pour la clémentine. Un agrume du terroir qui m’a été proposé par des commerçantes de fruits  du marché de Cocody. C’est de la que m’est venue l’idée d’associer clémentine et noix de cajou, une union qui a d’ailleurs très bien fonctionnée. Et pour rendre hommage justement à ces dames qui m’ont donné cette idée, J’ai décidé d’ajouter à ma pâtisserie une dentelle en chocolat, qui représente en fait le voile  de ces  femmes qui vendent les noix et les fruits.

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Il y a aussi le dernier cookie que J’ai réalisé, et que J’ai appelé le Blissi. C’est un snack banane braisé arachide que j’ai transformé en pâtisserie. J’ai donc pensé à un cookie parce que c’est vraiment le snack que moi j’adore manger dans les rues assez souvent (rire). Ce cookie, je l’ai monté avec  de la banane braisée que j’ai incorporé dans  une pâte à cookies en plus de la pâte d’arachide, et auquel j’y ai  rajouté une petite touche fruité avec un caramel au fruit de la passion, aussi ivoirien.

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Pourquoi avoir exclusivement opté pour du sucré et pas du salé ?

Au début, j’aimais pas du tout la pâtisserie et j’étais salé en plus (rire), C’est ce qui est marrant. Pour la petite histoire, j’ai commencé tout seul à apprendre des recettes de cuisine à travers des émissions de cuisine, des chaines You tube …et peu à peu,  j’ai appris à faire un gâteau au chocolat chez mon oncle et ensuite des crêpes avec mon père. Pendant tout mon collège et mon lycée, je ne faisais que cette recette de gâteau au chocolat, que mes amis ont dégusté 100 fois au moins. Et à mesure, je m’amusais  à tester de nouvelles  recettes  sucrées et  ça marchait pas trop mal, ça me plaisait bien. C’est ainsi que petit à petit, de fil en aiguille, de recette en recette, j’ai réveillé le virus de la pâtisserie qui dormait en moi.

Lors de votre moultea time, vous avez confié ne pas aimer les mets trop sucrés. Quelles sont vos astuces pour avoir recours le moins possible au sucre ?

J’aime beaucoup la pâtisserie mais je n’aime pas quand c’est ultra sucré. Donc pour avoir le moins recours au sucre, déjà je diminue toutes les quantités de sucres contenues dans les recettes de base et je remplace quand c’est possible le sucre par du miel, ou alors par le sucre naturel des fruits,  tout simplement.

Des projets en vue pour la Côte d’Ivoire ?

Oui et c’est d’ailleurs dans ce cadre que je suis venu cette année présenter mon concept de tea-time. Mon projet est de revenir 3 fois dans l’année 2019 pour réaliser encore une fois des tea-time, soit pour des hôtels, des cafés, des entreprises ou évènements qui souhaiteraient me booker pour des ateliers, pour donner des  cours de cuisine à la fois pour des particuliers ou des entreprises, faire également des team-buildings avec différentes recettes… Tous ces projets que je souhaite mettre en place pour l’année 2019.

 

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