«Tampon, notre ennemi intime», lève le voile sur leur toxicité

Une enquête alarmante

«Tampon, notre ennemi intime», lève le voile sur leur toxicité

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jessica brou
Écrit par Jessica
Publié le 26 avril 2017 à 15h47

Une enquête alarmante

En 2015, vous avez peut-être eu écho de la polémique médiatisée par la plainte du mannequin américain Lauren Wasser amputée de sa jambe suite à un SCT (Syndrôme Choc Toxique) causé par le port de tampons. Symbole de la libéralisation du corps de la femme, le tampon a des effets nocifs sur la santé pourtant peu connus. Le documentaire de la réalisatrice Audrey Gloaguen « Tampon, notre ennemi intime », diffusé le mardi 25 avril sur France 5, lève le voile sur la composition des tampons hygiéniques et leur impact sur la santé. Voici ce qu'on découvre sur cet objet qui fait quasiment partie de notre quotidien. 

Un produit d'hygiène courant

Par leur praticité, les tampons sont présents dans les trousses de toilette de (quasiment) toutes les femmes. Au cours de sa vie, une femme utilise en moyenne 11 000 tampons. Pourtant, elles sont peu renseignées sur les dangers potentiels liés à leur utilisation. « Nous, les femmes, utilisons ces produits depuis des décennies et pourtant, aussi dingue que cela puisse paraître, peu de gens osent questionner cet objet.», explique la réalisatrice Audrey Gloaquen. Ce qui est mis en cause dans ce documentaire est la présence de composants chimiques dangereux dans les tampons de certaines marques mais aussi le manque de transparence des fabricants. La réalisatrice Audrey Gloaguen a rencontré des experts-scientifiques et des victimes du SCT pur évaluer leur pour notre intimité.

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Une enquête alarmante pour la santé des femmes

La réalisatrice a fait tester des tampons par des laboratoires indépendants et voici ce qu'elle apprend à travers son documentaire. Les tampons contiennent des perturbateurs endocriniens comme les phtalates - présents dans les engrais chimiques Round Up - qui ont un impact sur la fertilité. La dioxine, dans le top 10 des produits chimiques les plus dangereux au monde selon l'OMS, est également présente dans les tampons. Or, le vagin est très perméable à la dioxine ! Des tampons contiennent également du dioxyde de chlore qui permet de blanchir la cellulose (de couleur marron à l'origine) et qui est un polluant. Selon le toxicologue belge Dominique Lison, il y aurait un lien entre les polluants présents dans ces produits et l’endométriose, une maladie méconnue et peu étudiée. Gérard Lina, un des rares professeurs en France à se pencher sur le sujet explique qu'un tampon hyper absorbant en fibres synthétiques crée un environnement propice au développement du staphylocoque doré.

Comment se manifeste un SCT ?

Au travers des témoignages de Margaux et Justine, deux victimes du SCT, on comprend que le SCT est une maladie méconnue des professionnels qui mettent des semaines voire plusieurs mois à la diagnostiquer. Le SCT se manifeste par de fortes fièvres, des étourdissements,une grippe, des diarrhées... Trois ans après son SCT, Justine continue de se rendre régulièrement chez le docteur. Elle avoue avoir perdu la peau des mains, des paupières...

Un manque de transparence

Les fabricants communiquent peu voire pas sur la composition des tampons pour permettre aux consommatrices de faire un choix plus avisé. Or,la réalisatrice met en garde : « Les tampons ressemblent à des poubelles chimiques ! ». Elle recommande de changer le plus souvent possible de tampons et de ne pas se laisser tenter par les hyper absorbants. En l'absence d'études, certains experts vont plus loin et préconisent d'y renoncer.