Prévenir la pneumonie infantile grâce à des perles aux couleurs du Ghana

Des perles magiques !

 Prévenir la pneumonie infantile grâce à des perles aux couleurs du Ghana

© DR

Ophélie Farissier
Écrit par Ophélie
Publié le 18 juillet 2018 à 12h19

Des perles magiques !

Des scientifiques ghanéens ont commercialisé un collier de perles aux couleurs du drapeau ghanéen en vue de détecter les pneumonies infantiles.

Le pari des chercheurs de l'Université des sciences et technologies Kwame Nkrumah et de l'hôpital universitaire Okomfo Anokye était de créer un détecteur précoce des problèmes respiratoires chez les nourrissons et les enfants de moins de cinq ans.

En vue de lutter contre cette maladie dévastatrice mais curable, Daniel Ansong, chercheur principal et doyen de l’Université, a expliqué à SciDev.net que ce projet a été financé à hauteur de 10 000 dollars américains par l’Agence danoise pour le développement international grâce à l’initiative « Building Stronger Universities » Construire des Universités plus solides.

Comment ça marche ?

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© SDN/POB

Il faut en premier lieu que l’enfant soit couché de façon qu’une partie de la poitrine soit exposée. Pendant une minute, les perles sont comptées en fonction de la fréquence respiratoire du bébé. Avec des couleurs du drapeau du Ghana, le jaune signifie qu’il faut surveiller, le vert : une absence de risque et le rouge : un danger. Avec ce collier, des sabliers ont été distribués afin que le décompte ne soit pas biaisé.

Dans le lancement du projet soit de juillet à septembre 2016, 100 femmes ont été formées sur l’utilisation des perles afin que le collier s’étende dans tout le pays. Et les résultats sont plutôt bons puisque « après huit semaines, environ 85% des mères ont compté avec précision les fréquences respiratoires à l’aide des billes ».

Le choix de perles est stratégique, puisque celle-ci sont présentes avec les chapelets dans l’Islam et le Christianisme, de ce fait, la population n’est pas réticente à l’idée de les utiliser. La pneumonie infantile n’est pas à prendre à la légère. Selon les chiffres transmis par l’Unicef, la pneumonie cause 2 400 décès par jour chez les enfants. En 2015, selon l’OMS, la pneumonie représentait 16% des décès infantiles en Afrique Subsaharienne et en Asie du Sud. Bien qu’elle puisse être traitée par des antibiotiques, seul un tiers des enfants recevraient les soins nécessaires.

Pour pallier le manque de financement et en vue d’étendre l’étude, cette initiative sera intégrée à la Journée mondiale de la pneumonie, le 12 novembre au Ghana.

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