Et si l'ultra-court était la nouvelle "norme capillaire" ?

Radical

Et si l'ultra-court était la nouvelle "norme capillaire" ?

© Tamar Braxton Instagram

Écrit par ELLE.CI
Publié le 23 Mars 2018 à 20h17

Radical

De nombreuses blogueuses anglophones coupent (voire rasent) leurs cheveux ou font des locks. Taren Guy surnommée auparavant "l'Afro Girl" pour son volume, porte aujourd'hui des locks. Fro Girl Ginny connue pour son afro hyper volumineux et bouclé a passé la paire de ciseaux en février 2018 et en a profité pour renommer son compte Instagram avec son vrai prénom "Nia" et non plus le surnom lié à ses cheveux. En mars 2018, c'est la chanteuse Tamar Braxton qui a posté une vidéo dans laquelle elle se faisait raser les cheveux. Sachant qu'elle a une pièce dédiée à ses wigs [ndlr : perruques, en français] et qu'elle a toujours une coiffure très apprêtée, la décision de la star a étonné plus d'un(e). Mais qu'est-ce qui se cache derrière cette vague de peoples et blogueuses qui changent radicalement de coupe ?

#CareFree, comme un besoin de liberté

taren-guy

Si ce "mouvement" devait porter un nom, ce serait #CareFree [ndlr : en français, "libéré(e) des soins"]. « J'en ai assez de me sentir prisonnière des perruques et tissages » commente Tamar Braxton sur son compte Instagram en légende une vidéo dans laquelle elle se fait raser les cheveux. En 2016, Taren Guy évoquait le "Free-Form Locs" aussi appelé "Freedom locs", cela consiste à laisser des locks se former naturellement sur les cheveux avec le moins de manipulation possible et le moins de produits possible. Les seuls rituels "acceptés" dans cette méthode est le shampoing et l'application d'une huile. Fini les gels, masques, crèmes, baumes, low poo et leave-in. La routine capillaire se simplifie. De nombreuses instagrameuses connues qui ont fait cette démarche ont un point commun : le besoin de se libérer. Se libérer de leur routine capillaire mais également de l'opinion des autres. Car oui, ce n'est pas qu'une "simple" affaire de routine capillaire. Cette démarche va bien plus loin que l'allègement des soins apportés aux cheveux ou qu'une simple question d'agenda [ndlr : le temps passé à prendre soin des cheveux et le coût d'une routine capillaire font l'objet de nombreux memes sur le web]

Cheveux et confiance en soi

Pour Tamar Braxton, ce geste va plus loin. La star choisit de se libérer de l'opinion des autres et de la pression sociale. « J'en ai assez de me sentir prisonnière [...] des gens, des commentaires des gens, de leurs opinions... même de mes propres sentiments ! ». Quant à Nia, elle explique que sa relation avec ses cheveux était devenue différente et n'était plus liée à l'amour de soi. « Ma relation avec mes cheveux était moins à propos d'amour propre et plus une question de validation des autres. Je ne pouvais pas sortir sans mes cheveux volumineux, toutes mes photos devaient recouvrir mon visage et indéniablement, je suis devenue mes cheveux.». La blogueuse trouvait que sa confiance en elle-même devenait dépendante de l'opinion des autres et des likes sur les réseaux sociaux. Pour Taren Guy, il s'agit plus d'accroitre sa spiritualité et « se détacher du monde superficiel » en laissant faire la nature. L'influenceuse se plaignait de proposer de sujets devenus trop ennuyants et redondants à force de parler pour les marques capillaires. Le Care Free est plus une question d'authenticité, de confiance en soi, et surtout une manière de repenser à la relation entre votre apparence et vous.

Et du côté francophone ?

Serait-ce la fin des rituels capillaires à rallonge sur les chaînes des vloggueuses afro francophones ? Les rares instagrameuses francophones qui coupent totalement leurs cheveux n'en font pas un sujet "à la une" mais parlent tout simplement d'envie car après tout, il y a ce besoin de « pouvoir mettre [les] cheveux de côté » comme dirait la blogueuse Mercredie car les femmes sont beaucoup plus qu'un afro.